La Chronique de Xa’ > « Je t’aime moi non plus » : La semaine Embrunaise au crible

Depuis un peu plus de trente ans, à la mi-août, pour le petit monde du triathlon, c’est dans les hautes Alpes que cela se passe.

L’Embrunman, épreuve autant adulée que décriée monopolise l’attention de tous. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis : un lieu magnifique, des parcours copieux, voire indigestes, un organisateur au caractère plus que bien trempé… Bref, Embrun plait, Embrun attire, Embrun agace tout son petit monde qui chaque année… Y revient encore plus nombreux !

Deux mille quinze ne dérogera pas à la règle et c’est pas moins de sept courses qui vont s’échelonner tout au long de la semaine… Et cette année, c’est donc l’élite du triathlon, mais aussi celle du duathlon qui va se retrouver au bord du lac de Serre Ponçon et sur la pente abrupte des « Vabres », de l’Izoard ou de Champcela…

Trop de richesse nuit?

Entre richesse et cacophonie, la frontière est parfois bien mince, et cette « semaine Embrunaise » me laisse comme ça, de prime abord, un peu perplexe… N’y a-t-il aucun lieu, aucune organisation en France capable ou ayant envie de se charger de courses comme des GP de triathlon ou de duathlon ou des championnats de France de duathlon groupes d’âge? Quel est l’intérêt en définitive de tout réunir comme cela en un même lieu au coeur de l’été?

Si l’Embrumais et triathlète que je suis, se ravit de pouvoir regarder toutes ces courses de haut niveau, ce « grand barnum » ne plait pas à forcément tout le monde tant la grosse machine de l’Embrunman prend de l’espace sur notre petite commune pendant plus de 15 jours.

Par ailleurs, on finit par s’y perdre un peu et pour le quidam, et bien il faut reconnaître que c’est le flou artistique qui domine dans la compréhension de ce qui se passe devant ses yeux…

Et oui, les héros, pour les Embrunais comme pour 90% des touristes présents sur place, ce sont les Embrunman. Les autres, ils font le « petit triathlon », un truc insignifiant en somme et seuls les spectateurs avertis, une petite minorité en fait, sauront apprécier à leurs justes valeurs les performances d’athlètes qui sont pourtant parmi les meilleurs de la planète sur les différents GP…

C’est quelque chose qui m’avait marqué déjà l’année dernière : Sur le GP, il n’y avait pour ainsi dire que des « suiveurs » qui regardaient et portaient intérêt à une course qui avait pourtant vu la victoire, excusez du peu, de Johnny Brownlee chez les Hommes et Barbara Riveiros chez les filles… Des champions qui, sans manquer de respect aux lauréats de l’Embruman, naviguent très au-dessus en terme de talent et de reconnaissance internationale.

L’Embrunman est unique…

Et pour être honnête, je suis assez d’accords avec tous ces « spectateurs lambda » depuis 1984, comme bénévole d’abord, comme concurrents parfois et comme spectateur souvent, Embrun, pour moi aussi, c’est l’Embrunman, point!

Si cette petite ville est renommée de par le monde pour son triathlon, c’est parce que celui-ci a su se forger au fil des années une réputation unique : entre dureté, beauté et cruauté. La raison d’être du triathlon d’Embrun c’est cette épreuve et aucune autre… Et je ne suis pas loin de penser qu’elle se suffit amplement à elle même et qu’elle n’a nullement besoin d’autres épreuves pour conserver ou amplifier son aura, fussent elles des courses de très haut niveau.

Alors, non, je ne vais pas bouder mon plaisir et je ne cracherais pas dans la soupe. Toutes les courses de la semaine présentent évidemment énormément d’intérêt sportif, ne serait-ce que par les parcours atypiques qu’elles vont proposer et de fait, sans doute des classements et des hiérarchies chamboulées… Je vais les dévorer avec appétit, l’appétit d’un amoureux du triple effort.

Mais même si la starting liste sera moins dense, le grand frisson, le vrai, je l’aurais comme beaucoup, le 15 à six heures du matin au moment du départ nocturne d’une course unique et hors-norme…

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1 commentaire
  1. Bravo Xav pour cet article. Le seul problème du triathlon d’Embrun c’est son organisateur mégalo qui n’en a jamais rien eu a faire du triathlon et depuis 30 ans les connaisseurs savent bien que ses choix n’ont rien de sportif. Il ne faut pas oublié que le triathlon d’Embrun n’a plus l’aura mondiale qu’il avait avant. Il y a 20 ans il ya avait Hawai, Nice et Embrun aujourd’hui Embrun ne figure plus dans le top 10 mondial. Il faut aussi dire ça 😉