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Spécial Kona > La Chronic’ de Xa’ – Le huitième art…

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11 octobre 20153Comments

Un Ironman, ce n’est pas si long que ça en définitive.

Prévoyez tout de même d’inviter quelques amis à la maison pour l’occasion. De préférence des personnes qui aiment le triathlon, c’est mieux. Ensuite, le secret, c’est un petit « Jap » ou quelque chose dans le genre afin de ne pas être « embêté » par l’organisation de la bouffe, quelques bières pour le début de soirée, une bonne tisane lorsque la fatigue se fait sentir et que la fraicheur de votre appart dont le chauffage collectif ne marche toujours pas vous saisit et enfin, le plus important, un grand écran d’ordinateur de 27 pouces…

Le secret d’une nuit réussit se résume ensuite en une course haletante avec un scénario à rebondissement et des « acteurs » au meilleur de leur forme… Oui, c’est un peu comme pour le « cinoch’ » du samedi soir : Il faut des bons acteurs, une production léchée et un bon « scénar ».

En général, dans un bon film, il est impossible de percevoir le dénouement. Cette nuit, j’ai vu un excellent spectacle mais bizarrement, j’ai eu l’impression que dès le départ quoi qu’il arrive, le héros allait gagner… Un peu comme dans « une journée en enfer », le mec galère mais à la fin, il s’en sort toujours…

Frodeno, c’est le Bruce Willis du triathlon : Il est fun, il a ce côté proche de vous, accessible avec cette pointe d’humour qui le rend humain… Ca pourrait être votre pote quoi… mais… c’est un Killer et hier, il les a tous dégommé… un par un jusqu’au dernier !

Pourtant, c’est vrai, j’ai eu quelques doutes sur mon champion… J’ai eu peur même soyons honnête.

Au début de vélo d’abord lorsque Sébi et toute la clique ont rappliqués à tout allure après seulement quelques kilomètres, bien plus tôt que d’habitude… Sur la marathon aussi en voyant Jan ralentir, marcher et souffrir dans la chaleur étouffante des champs de lave… Mais mon héros à su braver les éléments, se relever et à triompher sur la plage du Pier après un peu plus de huit heures d’effort d’une course qu’il aura malgré tout contrôlé de bout en bout…

Il ne pouvait pas en être autrement : c’était écrit !

Dans la peau du meilleur second rôle, Andreas Raelert à été parfait avec son début de marathon supersonique qui m’a bien fait croire à un improbable retour pour se débarrasser enfin de sa pancarte de Poulidor de l’Iles aux volcans…

Raelert, quand je le regarde, je me dis qu’il est « trop gentil » pour emporter une course comme celle là. Je me demande même si en définitive, c’est pas un truc qui lui fait peur… Et que c’est ça qui l’empêche de franchir la dernière marche…

Je m’étais déjà dit ça il y a quelques années en 2010 lorsqu’il avait « laissé gagné » Macca… (je me comprends… 🙂 ). Andreas, c’est le genre de mec qui fait briller les autres. C’est Pierre Richard dans « Les compères ». Le faire valoir indispensable qui permet à Depardieu de briller… Mais qui d’un coup de boule inattendu peut l’allonger sans crier gare au moment où on s’y attend le moins…

Alors fait attention Jan l’an prochain, parce que cette année, tu es resté debout, mais le coup de boule n’est pas passé loin dans Energy Lab…

J’aime à penser que Timothy O’Donnell c’est le « méchant de mon histoire » (Timothy, si tu me lis.. excuse moi !). C’est vrai quoi ! Il court la tête de travers, il a l’air vieux quand on voit son air sombre et ses gros sourcils et il reste comme ça, en donnant l’impression d’être en train mourir depuis des heures mais, jamais il meurt… Un peu comme un hameçon planté dans votre pied, impossible de vous en débarrasser… ou alors, il faut prendre son courage à deux mains et accepter de vous charcuter bien comme il faut pour qu’il vous laisse enfin tranquille.

O’Donnell, c’est  « Boris le hachoir » dans Snatch, le mec ne lâche rien, il peut avoir 50 balles dans le buffet, il tombe pas ou alors, si, à la fin… lorsqu’il  franchit la ligne…

J’imagine qu’à cet instant, Andy Potts, qui lui est (paraît-il ), un vrai méchant pour le coup, à eu une sacrée envie d’achever 0’Donnell au sol… En baver autant pour fair encore une fois au pied du podium, je pense que, chez le colosse américain, la frustration doit l’emporter sur la satisfaction d’une performance encore une fois de très haut vol… Andy, je le vois en « requin » dans James Bond : Il est imposant, pas vraiment rigolo, il donne l’impression d’être indestructible. Mais pourtant, c’est pas lui qui gagne à la fin !

Mon « anti héros » (car il en fait toujours un), sans surprise hier : c’est Cyril Viennot… encore une fois il revient du diable vauvert… Sixième et une perf énorme.  A mon avis peut être supérieure au vu du plateau à sa 5ème place de l’année dernière. Mais bizarrement, lorsque pendant l’interview d’après course on lui demande ce que ça fait de passer Kienle et VanLierde sur la marathon, Cyril vous répond le plus simplement du monde : « pas grand chose ». Normal quoi, c’était l’objectif… J’ai pas trouvé mieux qu’Alain Delon pour le définir : Il beau, il est fort Cyril en course… mais franchement, il vous glace le sang quand même un peu non ?

Mon côté cocardier voit Romain Guillaume en Jean Paul Belmondo : Héroïque, toujours la fleur au fusil… Il était superbe hier à l’écran sur la Highway Hawaiienne et personnellement m’a donné des frissons au début du vélo pendant ces longues minutes en gros plan à l’avant de la course. Il a été ensuite brave pour terminer et faire honneur à « sa course fétiche » malgré la souffrance et sans doute un brin de déception…

Romain, il lui manque juste le gros cigare et l’écharpe…

Enfin, il faut des bons figurants pour faire un grand film… Attention, être un figurant à Hawaii, c’est pas donné à tout le monde et j’ai un énorme respect pour tous les finisher d’hier. Qu’est ce que j’aimerais en faire partie, et quelque soit le chrono !

Ils ont été plus de deux milles dans ce gigantesque Péplum. Je vais en mettre deux à l’honneur.  Je le fais car c’est mes potes, qu’ils sont Versaillais… et aussi parce qu’ils ont été énormes en terminant dans les 100 premiers…

Alors bravo Guillaume 62 et 3ème Français, la force tranquille aussi discret et humble qu’inarrêtable… Tu me rappelles Lino Ventura dans l’armée des ombres… Je peux te dire que c’est un  honneur parce que c’est mon acteur préféré dans un des films qui m’émeut le plus…  Et Juju, puisque Bebel est déjà pris par Romain Guillaume, je te vois bien en Jude Law : Docteur Watson dans  Sherlock Holmes : le gars trop fort sans l’air d’y toucher : Elégant et rusé… redoutable !

Ouai les amis, je me suis régalé hier devant mon écran, Merci pour le spectacle, ça va être long d’attendre un an !

Hawaii 2015, c’était pas un « nanar » ! 🙂

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Xavier Garcin

Xavier Garcin

Prof d'EPS, entraîneur et coach de Versailles triathlon. Xavier est un touche à tout sportif passionné d'histoire et sociologie. Baigné par le triathlon depuis sa jeunesse étant né et ayant grandi à Embrun, il cherche à analyser et en décrypter les enjeux.