Comparatif > On teste le Ventum One, Cervelo P5X et BMC Timemachine.

Kona, ce sont les championnats du monde d’ironman mais aussi le seul événement qui réuni les principaux acteurs de l’industrie du triathlon. C’était donc l’opportunité parfaite d’essayer les toutes dernières nouveautés. À ce titre, Cervélo et BMC présentait leur nouvelle création. Gary aka le stig de Trimes et ses 400 watts, n’a pas pu résister à la tentation. Pour faire un comparatif plus complet, il a pu essayer un autre superbike, soit le Ventum One. Voilà son compte rendu. 


VENTUM ONE

GROUPE : Shimano Ultegra Di2
AEROBARS : Cintre développé par Ventum
SELLE : ISM
FREINS : TRP TTV av / Shimano Ultegra Direct Mount ar.
ROUES : Edco Aerosport Gesero 65 à pneus
PNEUS : Continental GP4000s 23
PRIX : 8500$

Depuis deux ans, la marque Ventum s’impose comme une des firmes qui ose contourner les cadres conventionnels au  »double triangle » afin de produire des vélos UCI  »illégal » à destination exclusivement des triathlètes.  Cette année Ventum figurait parmi les partenaires officiels à Kona et effectue une belle envolée au  »Bike count » en quintuplant la mise par rapport à l’an passé, ce qui en seulement deux années, place la firme devant certaines références comme Boardman, Cube et Kestrel par exemple (22 vélos en 2016 contre seulement 4 en 2015).

Avec sa géométrie très particulière, le Ventum One nous rappelle forcément le Lotus Sport 110 du milieu des années 90s. On y trouve toutes les innovations des dernières années, freins arrières sous le boîtier de pédalier, frein avant intégré et caché sous un capot permettant d’optimiser l’aérodynamisme. Le Frameset se démarque également de la concurrence avec un bidon parfaitement intégré au tube supérieur, d’une contenance d’1,4 Litre ce dernier est interchangeable et disponible en huit coloris différents. (A priori, la marque aurait déposé un brevet sur ce procédé afin de se protéger de la concurrence). Le cockpit du modèle test a été spécifiquement développé par Ventum. Il n’est pas possible de jouer sur l’inclinaison du basebar…

Ce problème peut-être solutionné sans soucis sachant que tout autre type de cintre peut-être installé sur la machine. À noter également que nous utilisons ici un frein arrière Shimano  »direct mount »qui n’est plus au catalogue sur les vélos de série (trop proche du pédalier, ce dernier posait des problèmes avec l’utilisation de certains capteurs de puissance) au profit d’un modèle TRP 851. Le vélo est disponible au catalogue en cinq tailles différentes (46 / 51 /54 / 56 / 58).

Etant présent à Kona, nous avons voulu tester le vélo et vérifier leur désormais célèbre slogan  »Downtubes are for Dinausaurs » !

Les premiers coups de pédale en côte sont un peu déroutants. Debout sur les pédales, le vélo semble peu réactif, la traversée de la ville ne laisse également pas, à première vue, entrevoir un vélo hyper maniable. En haut de la bosse de Palani nous prenons à gauche direction l’autoroute. Ce profil semble nettement plus favorable, c’est réellement sur les parties roulantes que le Ventum peut le mieux s’exprimer. Malgré un vent qui se fait de plus en plus fort, le vélo nous offre un comportement rassurant et reste plutôt stable y compris lors des rafales les plus fortes. En position de clm c’est un régal.

image-1

À haute vitesse sur le prolongateur, il est très facile de jouer sur les trajectoires avec une très bonne précision afin d’éviter les nombreux trous présents sur les bandes d’arrêt d’urgence Hawaiiennes. Dans cette position, le vélo inspire la confiance. Vent de face dans les bosses les relances en danseuses ne semblent à nouveau guère satisfaisantes… Il faut dire que le fort vent n’aide pas et altère probablement les sensations. En revanche de retour en position aero le compteur remonte, le comportement du vélo dans les bourrasques sur le retour nous démontre une dernière fois que le  »droit et plat » semble définitivement être son terrain de jeux privilégié. Le retour en ville nous permet de tester les freins. Ces derniers semblent parfaitement remplir leurs fonctions. Freinage plutôt souple mais efficace, retour de freins dynamique, c’est très correct pour un vélo de triathlon. Cette dernière partie urbaine peut aussi nous rassurer sur la maniabilité du vélo qui au départ semblait précaire, après plusieurs kilomètres en selle le comportement du vélo semble bien apprivoisé.

Au final  »Downtubes are for Dinausaurs » c’est certain que le tube inférieur ne nous a pas manqué sur les partie plates, bien au contraire ! Son absence est étudiée afin de supprimer les turbulences entre la cadre et la roue avant, et également de procurer un meilleur aérodynamisme.  On y retrouve un vélo sécurisant, rapide et très stable… Probablement un des meilleurs vélo sur les parcours roulants. Il s’est révélé bluffant et très efficace en position aero dans les longs vallons des autoroutes Hawaiennes. Pris à défaut dans les bosses et relances il faudrait pouvoir le tester sur un parcours plus vallonné ou montagneux afin de se faire une réelle idée de ses capacités à grimper. Une marque qui monte et qui n’a pas fini d’investir les parcs à vélo. Nous ne trouvons pour l’heure pas de revendeur en France, à priori la marque y travaille, mais son succès au US n’aide pas et pour l’instant nous n’avons pas d’autres choix que de passer commande en ligne.


CERVELO P5X

GROUPE : Sram ETap
AEROBARS : Cockpit  intégré et développé par Enve
SELLE : ISM
FREINS : TRP Disc HY/RD
ROUES : Enve 7,8 Disc
PNEUS : Continental GP4000s 25

Cervelo avait alimenté tout les fantasmes en annonçant depuis longtemps la présentation de son nouveau vélo 100% dédié au triathlon à Kona. Même si quelques images avaient fuité avant la présentation officielle, peu d’infos étaient disponibles sur ce nouveau vélo. C’est finalement après trois années de recherche et développement et sous le nom de code P5x que la machine à été présentée. Le vélo est proposé en 4 tailles au catalogue (S / M / L / XL).  La fiche technique et le descriptif complet du vélo étant disponible ici,  http://www.trimes.org/2016/10/57513/ nous allons nous concentrer sur le test de terrain.

Avant de passer directement sur la route un des technicien de la firme Canadienne s’occupe de régler le vélo aux mesures du testeur… Les différents procédés de réglages font merveilles. Ce vélo est véritablement conçu pour voyager. Sortie de la valise tout se règle très bien et surtout très vite les Bikefitteurs apprécieront. Le cockpit conçu par Enve se règle dans tout les sens. Orientation, hauteur (sur le modèle d’une tige de selle graduée, exit les bagues sous la potence) c’est beaucoup plus simple, plus précis et beaucoup plus rapide ! Véritablement un point fort de ce vélo.

image-4

imvi2017_banniere_trimesi_80x577

Sur la route, dans les premières petites côtes nous menant sur l’autoroute le poids du vélo se fait ressentir. Cependant une impression de qualité, robustesse et perfection de finition est omniprésente. Le système de freins à disques est très bon, le freinage précis et progressif, mais pas forcement très différent des systèmes à patins (dans ces conditions sèches chaudes et plates) les disques se feront vite oublier. Le passage des vitesses du groupe sans fil Etap est rapide et précis. Habitué au Dura Ace Di2 je préfère tout de même la  »fermeté » et le  »feeling » avec les shiffters Shimano.  Une fois lancé en position aero le vélo est efficace à haute vitesse. Le cockpit Enve est très confortable et les différentes possibilités de réglage conviendront à la majeure partie des triathlètes… Les prolongateurs remontent légèrement et leur prise en main est parfaite, véritablement un excellent point sur cette machine.

Les roues Enve 7.8 sont excellentes et procurent une bonne stabilité. Après plusieurs kilomètres à fendre le vent à plus de 40km/h sur la Quenn K il est temps de faire demi tour, il est bientôt midi et après l’aéroport le vent commence à être très fort. Parfait pour essayer ce vélo dont le comportement dans le vent interroge de par sa géométrie atypique. Vent de face en position aero le vélo est plutôt stable, en revanche dès qu’il y a de fortes bourrasqueS ou un vent de côté les sensations sont nettement moins sécurisantes. Impossible de rester en position aero, à plusieurs reprises je me retrouve à faire des écarts importants et ne tiens pas mes trajectoires. Vu la décharge signée chez Cervelo avant le test je ne prendrais aucun risque sur cette partie venteuse. J’en profite pour tester les trois emplacements pour l’hydratation (derrière la selle, sur le cadre et entre les aerobarres) Les accès sont simples et les dégagements rapides, les porte bidons Xlab (Torpedo à l’arrière, Chimp au cadre et Raptor entre les barres) assurent tous une tenue ferme et sécurisante des bidons.

Malgré son poids assez lourd (non communiqué par la marque mais proche des 10kg) le vélo reste réactif sur les relances en danseuses, ici encore les roues font un excellent travail. Avec les freins à disque, pas de problèmes avec les patins qui frottent. On peut malgré tout s’interroger sur l’utilité de tels freins sur un vélo qui n’est pas conçu pour monter et donc descendre. Selon Cervelo c’est tout simplement le standard qui va s’imposer dans les années à venir… la concurrence ne semble pas forcément aller dans le même sens avec des marques comme Ventum, Bmc et autres qui n’iront pas vers le disque dans les années futures.

Au final, même si il n’est clairement pas taillé pour la montagne le nouveau P5X est plutôt réactif compte tenu de son poids, le confort qu’il procure est largement suffisant pour un compétiteur (testé ici en pneu de 25mm de section). Il préférera les segments roulants à vallonnés… Les forts vents latéraux sont difficiles à gérer et déstabilisants. Tout comme le Ventum un essai en montagne afin d’y observer son comportement et l’intérêt du freinage à disque serait très intéressant.


BMC TIME MACHINE 2017

GROUPE : Sram ETap
AEROBARS : Basebar intégré et développé par Bmc / Prolongateurs Profil design
SELLE : Fizik Tritone
FREINS : Développés par Bmc
ROUES : ZIPP 808/404 à pneus
PNEUS : Continental GP4000s 23

A Kona, Bmc présentait aussi son nouveau Time Machine. Le descriptif complet du vélo version 2017 est ici : http://www.trimes.org/2016/10/bmc-timemachine-01-un-velo-de-tt-plus-complet/ . Dès la présentation du vélo la firme Suisse mettait en avant les points essentiels autour desquels les ingénieurs avaient été sollicités, permettre aux athlètes de rester plus longtemps en position aérodynamique et proposer un vélo plus stable que la version 2011. Constatant que la plupart des athlètes utilisaient les positions hautes de l’ancien système de potence p2p propre au TM01 (32 positions possibles en jouant avec 4 pièces différentes), les ingénieurs ont pensé un nouveau cockpit en forme de V permettant un gain en aérodynamisme et en stabilité pour les athlètes les plus grands.

Une version flat Cockpit (plus basse) est possible mais pas disponible au catalogue sur les vélos de série… c’est donc une version V Cockpit que nous allons essayer. Le cintre sera ici positionné plus haut que ce que j’ai l’habitude d’avoir sur mon Bmc TM01. La selle peut-être positionnée à deux endroit différents. (Plus en avant ou plus en arrière en enlevant l’aerobox). Cela permet entre autre au vélo de rester UCI légal, sachant que le Team Bmc à déjà commencé à utiliser le vélo ce moi-ci au championnat du monde de clm à Doha. Un emplacement est prévu pour une BentoBox à l’arrière du tube supérieur (proche de la selle), emplacement plus aerodynamique car moins d’incidence sur l’aero lorsque les  »boxs » sont stockées entre les jambes de l’athlète. (cf études menées en soufflerie en partenariat avec Sauber).

image

Les réglages prennent un peu plus de temps que sur le P5x, il faut jouer avec les différentes pièces disponibles pour le V cockpit. On peut regretter un base bar fixe, impossible de jouer sur l’inclinaison de ce dernier pour  faire varier l’orientation des prolongateurs. Ceux-ci (ici profile design) sont cependant interchangeables. Comme dit plus haut, les athlètes utilisant des positions très basses seront aussi plus limités dans leurs réglages.

Sur la route on voit immédiatement que l’on a pas un  »Beambike » entre les jambes. La différence avec le P5x et le Ventum est flagrante dès les premiers coups de pédale dans les bosses. Le nouveau TimeMachine et très réactif et répond au moindre coup de pédale. A la conférence de presse on nous avait présenté le nouveau système de freinage, qui permet de par sa mécanique d’éloigner les patins de la jante afin d’éviter les problèmes de frottements… C’est l’occasion de tester l’efficacité du système. Après plusieurs grosses relances en danseuse effectivement rien ne frotte, le vélo est réactif, le freinage incisif et efficace et le retour des freins bien ferme. Un freinage de luxe pour un vélo de chrono !

Sur l’autoroute en position aero (avec des conditions moins venteuses que pour l’essai du P5X) le BMC est très stable, comme avec le Ventum en position aero les trajectoires sont précises et le vélo est très maniable. Vent de face, les relances en danseuse semblent aussi plus efficaces. Habitué des parcours vallonnés voir montagneux ce vélo met immédiatement en confiance. Il semble très polyvalent, les parcours accidentés ne lui feront pas peur. Il excellera également à chaque relance. Les systèmes de fixation pour l’hydratation sont positionnés aux endroits habituels sur le cadre. L’aerobox à l’arrière permettra de ranger le matos de réparation. A voir comment le système de fixation va vieillir.. avant de partir le technicien a essayé trois  »boxs » différentes car certaines commençaient à avoir du jeu… Dans le vent (moins présent sur cette essai) le vélo se comporte très bien, toujours stable et en position aero. En terme de position on peut regretter les limites de réglage du cintre, personnellement j’aurai préféré des prolongateurs un peu plus relevés et avec ce cintre cela n’est tout simplement pas possible.

Au final le vrai plus sur ce vélo par rapport à la version 2011 est le nouveau système de freinage ainsi que le cockpit intégré. On peut regretter l’absence du Flat Cockpit au catalogue lors de la commande cela peut pénaliser ceux qui sont habitués à avoir une position assez basse (il faudra vraisemblablement investir par la suite). On retrouve les sensations d’un TM01 dont le comportement à été amélioré en terme de stabilité avec un freinage très efficace (mais qu’en est t-il de la maintenance de ce système tout de même plus compliqué). Ce vélo a tous les atouts pour être un excellent vélo de triathlon sur tous les terrains.

Aucun commentaire

Commentaire fermé