Gwen Jorgensen et l’obsession Ironman. 2:41:01 au Marathon de New-York.

Après une échéance, il faut généralement prendre un certain recul pour se fixer sur son avenir. Gagnant son titre olympique, Gwen Jorgensen ne s’est nullement cachée qu’elle souhaite désormais fonder une famille. Lors du marathon de New York, elle a commencé à émettre que les Jeux olympiques de Tokyo en triathlon restaient une possibilité et que le cas de Nicola Spirig (SUI) l’inspirait. Après la naissance de son fils, la Suisesse a repris le sport de haut niveau en courant le marathon. Pendant deux saisons, elle a favorisé ce sport.

Étant donné que Gwen Jorgensen est une ancienne coureuse universitaire (NCAA), l’Américaine retrouve en course à pied un certain challenge. Lorsqu’on gagne plus de 10 séries mondiales de suite et que l’on valide le tout par une médaille d’or avec un parcours qui n’était pas à son avantage, on peut comprendre qu’elle souhaite aller voir d’ailleurs.

Cela vient d’ailleurs rejoindre un intérêt de plus en plus commun chez triathlètes femmes du circuit ITU. Rappelons que Anne Haug a couru 2:36:16 deux semaines plus tôt, dans la liste, on retrouve aussi la médaille de Bronze aux Jeux de Sydney, en 2014, Magali Di Marco avait représenté la Suisse lors des championnats d’Europe de Marathon.

Dans les anciennes médaillées olympiques, Vanessa Fernandez (argent à Beijing) reste la meilleure coureuse avec un temps de 2:31:22 lors du marathon de Valencia de 2015.

Est-ce qu’une poursuite de carrière pour Gwen Jorgensen s’avère une suite logique? Les raisons sont simples, une élite en course à pied n’a pas le besoin de se baser à l’extérieur pour s’entrainer, de plus, la majorité des grands marathons sont aux États-Unis. 

Alors oui, on avait le sentiment que cette première expérience en marathon avait des suites dans les idées. Terminant avec un temps très honorable de 2:41:01, la championne du monde 2014 et 2015 s’avère pourtant déçue de sa performance. Je n’avais pas vraiment d’attente, je ne savais pas ce qu’il m’aurait rendue heureuse, mais je ne suis pas contente de ma course, c’était très difficile… C’est très différent au triathlon, je n’étais pas aussi bien préparé en me présentant à cette course. Je n’avais tout simplement pas assez de temps… Il me manquait quelques séances plus longues pour réussir, dit-elle. 

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Dans les faits, c’est seulement après trente minutes qu’elle a décidé de laisser partir le groupe de tête. Faisant le reste du marathon seule, elle a fini à la 14e place soit devant plusieurs athlètes pros américaines. Si Jorgensen souhaitait probablement battre les marques des autres triathlètes, à sa décharge, le parcours de New York est reconnu pour être un parcours de 3 à 5 minutes plus lent que des parcours rapides comme Berlin, Chicago ou Londres. La triathlète termine devant Kim Conley, une Américaine deux fois olympienne sur 10 000m. Pour référence, Mary Keitany du Kenya gagne la course pour une troisième fois en 2:24:26.

Ironiquement, face à ce potentiel, la communauté de la course à pied tombe aussi dans le piège de l’obsession de l’Ironman. J’ai beaucoup eu cette question ces derniers temps, et je ne suis pas réellement passionnée par les Ironman. C’est complètement différent aux triathlons que je fais. Je pense que le marathon m’a donné un avant-gout à ce que doit ressembler un ironman, plus spécialement quand j’étais seule et que je devais courir par moi même. C’est que vous devez faire sur Ironman et ce n’est pas quelque chose qui me passionne pour le moment…, ajoute-t-elle. 

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