Dr Trimes > Pourquoi à vélo, je suis fort en montée, mais pas sur le plat…

Je me pose une question, car après avoir suivi tous tes conseils sur les positions aéro (sans prolongateurs) ainsi que les gains marginaux en vélo, eh bah je suis toujours collé en vélo sur le plat. Alors que dès ça grimpe, je suis pourtant devant que cela soit assis ou debout y a pas de problème. Mais sur le plat, dès que les copains s’enflamment, y a pas moyen je suis largué. Tu m’as bien compris je suis un poids plume (65kg pour 1m78), alors en cap et côte c’est un avantage, en natation je m’en sors grâce à de la fréquence et la technique, mais des qu’il faut mettre de la puissance je suis largué.

Que dois-je faire docteur, prendre du poids?


Comme tu dois le savoir, cette analyse serait plus simple si tu avais a ta disponibilité un capteur de puissance. Lorsque cela monte, c’est le rapport puissance sur le poids exprimé en W/Kg qui l’emporte. Donc si l’on prend deux cyclistes avec des profils différents, comme Cancellara et le québécois Hugo Houle, étonnamment, même si c’est le second qui affiche le meilleur rapport, Cancellara a bien gagné le contre la montre par plus de 5 minutes. 

  • Cancellara Puissance/Kg= 5.76 W/Kg (461/80)
  • Houle Puissance/Kg = 5.84 W/Kg (397/70)

Infographie par 

Les gains de Cancellara ont avant tout été effectués sur les sections plates du parcours. Dans ce cas, c’est avant tout sur le plat que le Suisse a fait la différence puisque le poids de l’athlète n’a pas de réelle influence sur ce type d’effort. Si tu veux comprendre le phénomène et que tu n’es pas allergique aux mathématiques, tu peux lire l’excellent billet de le triple effort

Lorsque tes collègues d’entrainement te dépassent, c’est tout simplement parce qu’ils sont plus puissants que toi. Cela ne signifie pas qu’ils sont plus forts que toi à vélo.

Il faut comprendre que les cyclistes ont tous un profil particulier qui répond généralement à leurs besoins. Un cycliste traditionnel est capable de fournir des efforts plus intenses sur de très courtes durées. Un triathlète de haut niveau en longue distance n’a pas réellement besoin de cette spécificité et par ce fait, les entrainements sont différents.

Dans ton cas, il est important de comprendre ton ‘limitateur’. Rassure toi, des athlètes plus minces comme Michael Raelert ou Jan Frodeno ont démontré qu’il était possible d’être performant sur du plat.

Voici quelques pistes à explorer.

S’assurer de ton rendement mécanique.
Lorsqu’un athlète prend une position aérodynamique, dans certains cas, il n’est pas en mesure de générer la même puissance que dans les montées. Pour cela, il fait consulter un positionneur qui a de l’expérience, mais aussi travailler le plus souvent possible cette position. Évidemment, sur le plat, l’aéro a un réel impact, il faut donc s’assurer de l’être réellement. 

Changer son profil en prenant confiance…
La problématique dans ton cas c’est que tu as conscience de tes forces et de tes faiblesses. Cela a probablement un impact négatif sur ton rendement puisque tu n’es pas en confiance. Cela doit passer par l’entrainement. Il faut multiplier les efforts de SST (sweat spot training, soit des efforts entre 85 et 95% de sa puissance maximale moyenne sur un effort d’une heure) avec des durées entre 12 et 30 minutes avec 2 à 3 répétitions. Le concept est d’améliorer sa tolérance à la douleur dans ce type d’effort.

Pour certains athlètes, il est très difficile de garder le contrôle sur des efforts réguliers. Cela vient du fait que l’athlète se questionne constamment sur sa capacité à tenir un effort. C’est par la répétition que l’on gagne en confiance. Maintenir un effort sur une haute intensité n’est pas donné à tout le monde. 

Investir pour se donner des repères…
C’est un conseil onéreux, mais malheureusement, en ayant à sa disposition un capteur de puissance, il est nettement plus simple de mesurer ses progrès. Certains home-trainers peuvent aussi mesurer ou estimer la puissance. 

La bonne nouvelle…
Contrairement aux autres sports, le vélo est nettement plus simple techniquement. Le travail est toujours récompensé. Dans cette logique, si tu t’efforces à travailler cette faiblesse et que tu le fais avec conviction, cela payera rapidement.