Édito > Suicide Journalistique comme une Pierre à Robert!

Le suicide journalistique c’est quoi? C’est écrire un article qui sera très mal reçu par la majorité et mettra votre crédibilité en péril.

Dans les faits, cela arrive parce que son auteur n’a pas été assez clair ou a mal choisi ses argumentaires. Ironiquement, il existe certains mécanismes et il est possible de repenser sur une certaine assise puisque l’opinion publique est divisée par deux. C’est un art de ne jamais être en accord. Certains disent que c’est une spécialité française… enfin avec Trump, Brexit, c’est aussi devenu un sport national chez les autres.

Que cela soit sur des sujets comme le dopage, le sport business, le drafting, la technique en sport, etc… on trouve toujours des détracteurs. Pour un journaliste, avoir des opposants, c’est un peu comme la recette du succès. Malheureusement, dans certains cas, on rentre dans une autre catégorie, et le journaliste devient forcément frileux et n’ose plus exprimer sa véritable opinion. Il faut écrire ce que les gens veulent…

Un suicide journalistique, c’est donc remettre en jeu toute sa crédibilité sur une ou deux phrases. Pierre Carrey de Libération vient justement d’en faire un avec son article, Robert Marchand, 105 ans et un record à vélo : c’est bien pour lui, c’est absurde pour nous.

Dans les faits, ses écrits, c’est comme faire du buzz pour lutter contre un autre buzz. Malheureusement, tout cela est un peu généré par le côté malsain de l’internet entre cette nouvelle domination de la fausse information et du voyeurisme.

Si tous les journaux sérieux doivent placer des liens vers des articles (extérieurs) de sensationnalisme, c’est parce que cela rapporte…

Il faut taper fort pour se faire remarquer et tenter de générer un peu de revenu avec du traffic. Avec Google qui paye à peine 0.15$ pour 1000 pages vues…

Mais revenons à notre sujet, Pierre Carrey a tenté un exercice difficile soit de critiquer un phénomène et non la personne soit Robert Marchand. Si l’on lit bien son article, c’est avant tout la couverture médiatique qui est critiquée. Enfin, il y a effectivement quelque chose de légitime.

L’article aurait simplement dû ouvrir le débat. Pourquoi sommes-nous autant fasciné par Robert Marchand? Est-ce qu’on y trouve quelque chose de rassurant face à la mort.

Dans les faits, Pierre Carrey relance un autre débat, comment discerner ce qui est vraiment un exploit sportif. Est-ce que cela fait de l’ombre à d’autres qui le méritent aussi?

Pour ma part, je peux comprendre ce sentiment. Le sport est souvent injuste, c’est un peu comme une épreuve qui reçoit un important financement d’un gouvernement et qui a pourtant aucune implication dans le sport. À côté, on retrouve des organisateurs passionnés qui se battent.

C’est aussi certain que lorsqu’on voit des jeunes s’entrainer 40 heures par semaine, tout sacrifier et être dans un combat constant pour se faire une place sur une équipe olympique et qu’une performance moyenne sera fortement critiquée, le traitement univoque de Robert nous plonge dans une autre réalité.

Maintenant, Carrey a fait l’erreur de faire du rentre-dedans avec phrase, Robert Marchand a pédalé ce mercredi pendant une heure à 22,547 km/h, soit la vitesse d’une personne moyenne qui va chercher sa baguette à la boulangerie. 

Cela reste mon opinion personnelle, Pierre Carrey aimerait probablement revoir sa copie, le texte susciterait le même questionnement, mais sans le rentre-dedans.

Combien de temps lui faudra-t-il pour se faire oublier ou pour retrouver sa crédibilité? Est-ce qu’il existe une voie de la rédemption?

Dans notre cas, on a aussi eu ce sentiment. Celui qui t’empêche de dormir à cause de quelques phrases pas assez claires.

Malheureusement, en triathlon, les règles du jeu semblent très limitées. Il semble impossible de rapporter une blessure, un média espagnol nous accusé de vouloir déstabiliser son champion. Quelques mois plus tard, nos écrits, qui avaient été démentis ont pourtant été validés. Ironique non?

Cet épisode a créé ce questionnement, est-il vraiment nécessaire d’informer où il faut simplement rapporter ce que les autres veulent?

Chez Trimes, on vous rassure, on ce respect inconditionnel pour les athlètes. On est conscient de la difficulté de se rendre jusqu’à la série mondiale ou à Kona. On aura donc toujours cette peur d’avoir le mot en trop.

Il faut tout de même être capable de faire la distinction entre une belle performance et un acte manqué. Être en mesure de savoir qui s’est présenté aux JO en forme, brulé ou blessé, non?

Se munir de plus d’éléments pour avoir plus de discernements pour savoir ce qu’est un véritable effort sportif ou pas.

Si un sportif à droit à l’erreur, pourquoi un journaliste n’y aurait pas le droit? Est-ce qu’une phrase doit faire oublier tous les bons coups? Est-ce que l’on veut un journalisme sans prise de risque où ceux qui parlent le plus fort gagneront toujours?

p.s: Je n’approuve pas le texte de Pierre Carrey, mais je comprends très bien son sentiment, les points qui voulaient soulever et ce besoin de remettre en doute ce qui fait l’unanimité. 

 

 

 

 

 

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