Le test > Hoka One One Tracer, une expérience à part.

Si Hoka One One a su rapidement se faire une place dorée dans un marché très concurrentiel, c’est avant tout parce qu’elle a su proposer une chaussure très distincte. Créé en 2010 et donc en pleine vague du minimaliste, des anciens employés de Salomon ont décidé d’aller à contre courant. Souhaitant créer une surchaussure pour rendre les descentes moins traumatisantes pour les trailers, ces français se sont rendu compte qu’ils étaient possible de créer une chaussure légère avec une semelle épaisse et donc plus amortissante.

Si chez Trimes on est de plus en plus réticent à écrire sur les chaussures puisque votre choix doit avant tout se faire en fonction de votre pratique et du type de votre foulée, on avait une certaine impatience de tester la Hoka One One.

Bon, on va tout de suite vous révéler ce qui, selon nous, fait la force de Hoka One One. Oui, le concept est basé sur une semelle nettement plus généreuse et offrant cette sensation d’amortissement vous permettant de croire que courir sera moins traumatisant sur votre organisme.

Dans les faits, le vrai secret est sur ce que l’on appelle en Amérique du Nord le « rocker ». Cela évoque que la forme de la semelle permet de basculer rapidement entre l’arrière et l’avant de la chaussure. On parle tout simplement d’une forme berçante.

Si cela permet une transition plus douce entre la phase de réception et de propulsion, cela encourage en quelque sorte une foulée plus rasante et donc plus courte. Cela est d’ailleurs des attributs importants pour réussir en longue distance et en trail. Le succès de la marque est donc logique et correspond à une demande grandissante.

Dans notre cas, nous avons testé la Hoka One One Tracer. Cette chaussure à l’avantage et à l’inconvénient de suivre en partie le savoir faire la marque. Ses créateurs ont fait preuve de ruse afin de conserver l’expérience d’une Hoka avec une semelle au régime.

Ce modèle se voulant le plus léger de la gamme avec un poids en dessous des 8 oz, est destiné pour les efforts les plus intenses et rapides. On retrouve d’ailleurs plusieurs athlètes sur le circuit ITU (distance olympique) et 70.3 utilisant cette chaussure.

La tracer utilise la technologie Pro2Lite, soit deux densités de matériaux dans sa semelle. Les sections de gommes sur la semelle sont principalement sur l’avant de la chaussure, si cela permet d’avoir une excellente traction et semble témoigner que la chaussure s’adresse pour ceux qui court sur l’avant du pied, est-ce vraiment le cas. On y reviendra.

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À l’image des autres modèles de la marque, il respire la vie avec des couleurs vives. Si cela n’est pas totalement spécifié par la marque, la Tracer est avant tout une chaussure pour le triathlon. Son chaussant est d’ailleurs très aéré sur l’avant du pied. Cela est obtenu avec un matériaux en deux couches (mesh). Ce sont des films qui permettent à la chaussure de garder sa forme. S’il y a toujours un risque de décollage, nos essais ont plutôt démontré une chaussure résistante.

Sans que cela soit parfait, plusieurs coutures sont apparentes, courir un semi sans chaussette demeure envisageable. L’objectif est donc atteint. Par contre, Hoka One One n’a pas muni de dispositif facilitant son enfilage. La languette est d’ailleurs très minimale.

Sujet toujours controversé, l’ajustement pour l’avant du pied est plutôt restreint. La chaussure n’est pas particulièrement large, mais considérant que cette chaussure est avant tout faite pour la course et la vitesse, il n’y a pas de surprise sur ces aspects. Il faudra donc choisir la taille en conséquence et ne pas hésiter à prendre une demi-taille en plus.

Mais le point fort de la tracer est surtout dans le maintien du talon. Plus « coussiné » que la moyenne, il épouse mieux vos formes. La dessus rien à dire.

Et en pratique…

Voilà que l’expérience Hoka One One nous rejoint. Soyons francs, c’est une chaussure qui est très efficace sur une foulée plus rasante et plus courte et il est facile de comprendre pourquoi il y a autant de convertis dans le milieu du triatlon. Avec cette gestuelle, la chaussure est un pur plaisir et la forme de la semelle ne sollicite pas de flexion plantaire.

Malheureusement, pour ceux qui attendaient cette chaussure pour aller très vite et qui ne se réceptionnent non pas en médio ou talon mais bien avec une prise d’appui avant-pied et au niveau des doigts de pieds, la fameuse forme de la semelle qui se caractérise avec une pointe très relevée, vient accentuer la flexion plantaire lors de l’atterrissage et procure une sensation d’instabilité.

Cela ne signifie pas que cette chaussure est mauvaise, au contraire, juste qu’il ne faut pas faire erreur sur sa personnalité. Cette chaussure reste à part et pourrait s’avérer un outil très intéressant pour développer une foulée plus économique sur certains types d’effort.

 

 

 

 

 

 

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