On refait la course avec Romain Guillaume > À fond – Gagnant d’ironman 70.3 Afrique du Sud.

Après sa récente 4e place lors d’Ironman 70.3 Bahreïn, Romain Guillaume a retrouvé le chemin de la victoire avec une performance illustrant parfaitement son retour sur l’avant de la scène, à fond! Trimes s’est entretenu avec l’athlète aux couleurs de l’équipe BMC-Etixx pour connaitre ses impressions et la suite. 


La dernière fois que l’on s’est vu, tu nous disais à quel point tu voulais retrouver le plaisir de courir en étant très agressif à vélo. On peut dire que ce fut le cas en Afrique du Sud, non?

Oui tout à fait! C’est juste une question de caractère, j’aime bien être aux avant-postes sur mes courses et là je me suis fait très plaisir !

Comment cela se passe à deux roues, à quel moment tu t’échappes?

Je suis sorti du parc à vélos en seconde position et tout de suite j’ai produit mon effort pour partir. J’étais quasi à bloc, mais comme le parcours était montant sur les 4 premiers km, je savais que cela allait être à mon avantage. Après quelques kilomètres, je me suis retourné et n’ayant personne derrière, j’ai doucement ralenti pour rentrer dans mon rythme 70.3…

Mais tu dois tout de même te questionner si jamais tu n’en fais pas trop…

De moins en moins, car je progresse beaucoup en course à pied. Avant cette course j’avais 2 stratégies bien distinctes:

1/ Je sors de l’eau devant Cunnama, Marais et Buckingham et alors, je fais mon possible pour prendre un maximum d’avance à vélo et je vois ce qu’il me reste à pied.

2/ Je sors avec eux et alors je ne prends pas d’initiatives particulières et j’attends la course à pied et j’essaie de bien courir.

Sur 70.3 produire un effort plus haut que ce qui est « raisonnable » impact quand même beaucoup moins la course à pied que sur distance Ironman…

Alors, une fois que je suis partis en vélo je n’ai plus trop pensé aux autres et à la course à pied. Juste à faire ma course!

Et la course à pied…

Lorsque j’ai quitté le parc à vélo j’ai entendu que j’avais une avance de 6 minutes et là je savais au fond de moi que j’avais de grandes chances d’aller au bout. Mais uniquement en gérant bien mon allure, mon alimentation et la chaleur.

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Du coup je suis parti sur un bon rythme, mais sans trop pousser non plus comme j’ai dû le faire au Bahrain par exemple. Au 10,5ème km, j’ai vu que j’avais encore 5 minutes d’avance et là inconsciemment, j’ai beaucoup trop ralenti, me disant que c’était ok alors que James quant à lui accélérait… Grosse erreur puisque qu’au 16e km Cunnama était revenu à 2’30 !! Là j’ai vraiment flippé et j’ai couru le plus vite possible les 3 kilomètres suivants !!

Cela fait maintenant plus d’un an que tu es avec Luc Van Lierde, as tu l’impression que tout s’aligne…

Pour moi ce nouveau départ s’est effectué après ma coupure lorsque je suis reparti sur de bonnes bases physiques et psychologiques. Cela fait maintenant 4 mois que je suis à la lettre la préparation hivernale de Luc, à sa manière, sans soucis particuliers de santé ou blessure et je peux dire en effet que tout s’aligne!

Face à une récente saison assez compliquée où tu devais simplement rêver de redevenir l’athlète que tu étais, as-tu l’impression d’être désormais meilleur qu’avant, autant physiquement que mentalement ?

J’ai à présent un très bel équilibre de vie entre mes entrainements, ma vie sociale, et mon travail (le triathlon) n’est plus une source de stress, mais un plaisir. Psychologiquement, je suis très bien dans ma peau et si l’on y ajoute une méthode d’entrainement qui me convient très bien, cela semble donner de bons résultats.

Mais c’est le fruit de quelques détails ou une révolution dans ta manière de t’entrainer?

À 100%. À présent je ne suis plus sur une approche quantitative des entrainements, mais sur une approche qualitative. Toutes mes allures d’entrainements et de courses sont quantifiées, calculées et dictées par des tests et non plus selon mes ressentis.

Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises méthodes d’entrainements, mais juste des méthodes qui conviennent à certaines personnes et d’autres non…

Avec tes deux premiers résultats, Bahreïn et Afrique du Sud, est-ce que cela te permet désormais de mieux étaler ta saison?

Le mercredi 5 octobre 2016, Luc et moi avons programmé ma saison et je ne veux rien changer. Tout simplement, car les courses prévues me font vraiment plaisir, me motivent et je sais que je peux y être performant.

C’est juste la pression de m’y qualifier qui diminue encore puisqu’à présent je peux faire 2 fois 4e sur chacun des Ironman prévu ou encore 3ème+6ème.

Encore une fois, je vais pouvoir adopter la stratégie que je veux, sur les courses que j’aime, sans penser aux points puisque si je continue sur cette belle dynamique de plaisir, la performance devrait être là, enfin je l’espère!

Plus motivé que jamais pour Kona?

Même si être performant à Kona est mon objectif, je suis surtout motivé pour continuer sur cette lancée et voir jusqu’où cette nouvelle dynamique va me mener…

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