Etienne Diemunsch se fait Trimer > L’après Cannes. L’avenir sera long.

Si la victoire en 2016 d’Etienne Diemnusch lors du Polar triathlon international de Cannes  l’a révélé au grand public, sa récente troisième place vient sceller un avenir prometteur en longue distance. On s’est donc entretenu avec l’athlète de 28 ans pour en savoir plus sur son avenir.

À Cannes, on a presque eu l’impression que tu étais négligé… il y avait ces petits détails comme le dossard (#3) alors que tu étais le dernier gagnant. Est-ce que cela t’a  affecté?

Je ne tiens pas à revenir sur cette petite polémique, disons simplement que si l’organisation a une certaine envergure médiatique, elle est encore perfectible sur certains points, comme la sécurisation du parcours vélo par exemple, ou encore ces petits détails que sont le cola sans sucre au ravito, l’attribution des dossards ou encore la conférence de presse … Mais cela ne m’a pas affecté de manière négative, au contraire, simplement donné l’envie d’encore mieux faire pour montrer que j’avais totalement ma place dans le rang des favoris.

Mais est-ce que cela peut s’expliquer par ton statut? Je veux dire par là que tu n’as jamais officialisé ton arrêt de l’ITU… et par ce fait, rares sont ceux qui connaissent tes véritables intentions sur le long.

En effet, je n’ai jamais officialisé mon arrêt en ITU pour plusieurs raisons, la première étant que je ne me considère pas médiatique au point de faire des annonces de ce type, je veux dire par là que nombre de personnes s’en cognet! 🙂 L’autre raison est que je ne m’interdis pas du tout de refaire de l’ITU à l’occasion… Je commençais à en avoir ma claque de me « battre » systématiquement avec la fédération pour obtenir un départ sur les courses, et le long m’attire depuis toujours donc pour le moment exit itu, mais il faudra bien quand même que j’aligne une quatrième coupe du monde d’ici la fin de ma carrière! 

Toi qui as gagné l’édition précédente, quelle est ton appréciation du nouveau parcours

Oui, super parcours, même si j’ai souffert. Il est vraiment beaucoup plus exigeant, mais les gorges de la Siagne sont vraiment magnifiques à traverser. Beaucoup de plaisir à évoluer sur ces routes. Le seul bémol concerne les 30 derniers km qui sont compliqués au milieu de la circulation, mais je consens  qu’il est très difficile de faire autrement.

Après la ligne, tu semblais quand même très satisfait par ce résultat, non?

Oui, j’étais assez satisfait, car vu la « start-list », c’est toujours intéressant arriver à monter sur la boite. En revanche dans les détails je ne suis pas satisfait de ma course, les jambes n’étaient pas là et je prends un sacré tarif en vélo! D’autres points sont aussi à corriger en vue de la suite.

Certains de tes adversaires disaient que tu ne courrais pas, mais que tu voulais… c’est quoi ton secret?

C’est ça! Mais chut il ne faut pas le dire, c’est une skills que je développe en secret depuis des années et j’espère bien conserver cet avantage encore quelque temps! Plus sérieusement, je ne souffre plus des tendons d’Achille depuis peu, ce qui me permet de reprendre beaucoup de plaisir à l’entraînement à pied et de renvoyer de la foulée à l’occasion.

Maintenant, dans quel état d’esprit tu vas entreprendre le reste de la saison?

Je suis actuellement en stage à Font-Romeu pour bouffer de la borne! Voilà l’état d’esprit, retourner bosser pour combler les lacunes, mais je suis très confiant, car tout est en train de se mettre progressivement en place.

Le fait de fermer le chapitre sur l’ITU, pour toi cela correspond à quoi?

Petit pincement au coeur, car même si je me suis fait plaisir pendant plusieurs années j’ai ce petit regret de n’avoir pas réussi à m’exprimer pleinement sur WTS, un léger gout d’inachevé donc. Mais comme je le disais plus tôt je ne m’interdis pas d’en refaire à l’occasion, même si bien entendu, ça ne sera pas avec les mêmes objectifs.

Mais la longue distance ne correspond-elle pas plus à ton état d’esprit?

Oui et non. J’adore m’entraîner, m’entraîner long, repousser ses limites, aller chercher de nouvelles ressources quand s’installe la fatigue, en ce sens le long me correspond bien.

En revanche en course je ne suis pas trop du genre à calculer et j’aime bien être à l’attaque, ce qu’il faut apprendre à tempérer sur le long distance.

Selon toi, quels sont les aspects que tu auras le plus à travailler?

Arriver à enchainer un marathon « à mon niveau » après 180 km de vélo est un défi! Je dois progresser en endurance musculaire pour arriver à tenir cela.

Qu’est-ce qui t’inquiète le plus sur ce style d’effort?

Rien ne « m’ inquiète » particulièrement, je suis d’un naturel confiant! Après c’est sûr que les départs vélo ne sont pas toujours une partie de plaisir, car les premiers kilomètres sur halfs sont toujours très agressifs et du haut de mes 63kg je rends pas mal de puissance à mes adversaires.

Tu nous as avoué que tu feras tes débuts en Ironman à Nice, pour toi c’est un passage obligatoire où plutôt une sorte de rêve de jeunesse bientôt à tes portes.

Non le rêve de jeunesse c’est de gagner l’Embrunman.

Mais la semaine dernière j’étais en stage à Antibes, mon coach a profité de l’occasion pour me faire repérer le parcours… et j’ai adoré! C’est un sacré défi d’enchaîner Nice et Embrun cette année avec simplement trois semaines d’intervalles donc je ne me mets aucune pression et je verrai bien si c’est jouable le moment venu.

Avec Patrick Bringer comme entraineur, j’imagine que tu as déjà une bonne idée de ton potentiel… 

Justement, c’est la force de « Kinou » arriver à faire surgir un potentiel que l’on ne soupçonnait pas… Mais c’est avant tout l’état d’esprit auquel j’adhère particulièrement : il y a les gars doués… et puis les autres comme moi qui ont besoin de travail, de persévérance, d’abnégation pour y arriver.

Est-ce qu’il faut t’entrevoir comme un futur spécialiste de 70.3 qui fera occasionnellement des Ironmans, ou un athlète qui veut rapidement cibler Kona?

En toute honnêteté Kona ne m’attire pas vraiment pour le moment. M’enquiller des lignes droites dans une chaleur suffocante au milieu des champs de lave avec du vent en bonus c’est pas spécialement mon dada et je préfère largement lorsque la route s’élève un peu plus. Mais j’y viendrais surement sans pour autant me fixer de date buttoir. Toutefois une première là-bas à l’horizon 2018/2019 pourrait être un bon fil conducteur. Ensuite j’attends avec impatience la révélation du parcours du 70.3 Nice. Un mondial en France c’est toujours hyper motivant et si en plus le parcours est susceptible de me convenir ça donne quelques idées…

Et comment cela se passe la vie de pro en longue distance comparativement à l’ITU?

Pour le moment je galère toujours autant! J’ai raté le coche l’année dernière de faire, je pense, un bon résultat à Kraichgau 70.3 suite à un problème mécanique. Accrocher un podium en 70.3 me permettrait possiblement de postuler dans une équipe, et donc avoir un peu plus de sérénité au quotidien, affaire à suivre…

Que faut-il te souhaiter pour la suite?

Que mes tendons d’Achille continuent de me foutre la paix et que par conséquent je continue à prendre du plaisir à l’entraînement.


Crédit photo : @Ingo Kutsche

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