Vincent Morizot se fait (re)trimer > Les débuts d’un néo-pro.

Dans ce week-end très chargé, on en aurait presque oublié que Vincent Morizot courrait à Majorque son second 70.3 avec les pros. Trimes s’est entretenu avec lui pour en savoir plus sur l’évolution de son parcours.  


On se retrouve après le 70.3 de Mallorca, peux-tu nous parler de ta course?

Je suis très concentré sur la ligne de départ, la prépa s’est globalement bien passée et je suis en confiance.

Le plateau est très dense, je me focalise donc pleinement sur ma course, pour utiliser mes forces et mon énergie aux bons endroits.

La nat se déroule bien mieux qu’à Dubaï même si je rate le 1er groupe d’un rien à cause d’un départ difficile, et je finis par trouver mon rythme de croisière au demi-tour pour sortir de l’eau en 25’ intercalé entre le 1er et le 2e pack.

Je réalise une 1re partie de vélo très solide qui me permet de me retrouver en 5e position en haut du col, à 30 secondes de la 3e place (après 1 heure à 340 watts, déjà un gros effort de réalisé !).

La seconde partie jusqu’à la T2 est faite en gestion, autour de 300-310 watts, et je pose finalement le vélo en 4e position, derrière Dreitz, Mcnamee et Clarke. La journée est déjà clairement une réussite pour moi ! J’ai pris énormément de plaisir sur ce parcours, qui est bien varié avec de superbes sections plates, un beau col et une descente technique, mais rapide. Je reste néanmoins très concentré sur ma course à pied qui sera au final assez difficile, avec bonnes crampes à partir du kilomètre 8-9. Je perds quelques places et passe la ligne d’arrivée 11e avec le 3e temps vélo du jour. Je ne regrette absolument pas mes choix de course, j’ai pris des risques à vélo, énormément de plaisir et je suis convaincu de pouvoir passer une solide course à pied derrière ! C’était déjà un moment exceptionnel que de poser si proche de la tête à T2.

Mais est-ce que cela correspond à tes objectifs?

Oui je suis globalement très satisfait, je réalise le meilleur combo natation / vélo de ma vie, et je ne craque pas à pied, même si je sais que je peux courir plus vite. C’est très encourageant pour la suite, j’engrange de la confiance et je garde évidemment la tête froide. Ça progresse et le chemin est encore très long !

Comment s’est passée ta préparation depuis Dubaï?

Je me suis entrainé tout l’hiver à Paris en restant en bonne santé, ou j’ai pu passer 4 cycles vraiment solides, avec un travail bien réparti entre les 3 disciplines. Avec le recul, c’est vraiment important d’avoir pu courir au mois de janvier à Dubaï, cela a permis de couper l’hiver en deux, et de ne pas avoir de lassitude sur cette longue période avec peu de compétitions.

Comment cela se passe avec ton coach?

Jonathan (Tyoen) est vraiment à mon écoute et sa façon de me coacher a beaucoup évolué à travers les années.

Je n’ai pas fait un hiver avec beaucoup de volume, on a cependant pris le parti de faire bien plus d’intensité que par le passé. J’ai passé quelques journées vraiment solides ! Résultat, je suis actuellement à mon meilleur niveau dans les 3 disciplines, avec une bonne marge de progression partout.

Tu as fait des changements avec ton vélo?

A Dubaï je roule 2h02 sur un P3, équipé d’une Mavic IO à l’avant et d’une comète. On peut donc déjà dire que le vélo était à la hauteur !

Le P5 ayant sensiblement la même géométrie, nous avons repris les mêmes réglages avec Sebastien Boujenah (APS Provence) m’avait déjà très bien positionné sur le P3 et nous avons repris les mêmes réglages sur l. J’ai des sensations très proches sur les 2 vélos, même si le P5 reste plus évolué en termes d’intégration et est certainement légèrement plus aéro. Ce sont deux modèles vraiment très performants !

Et après deux courses en pro…

Je me sens dans mon élément, j’apprends, je progresse, je vis de plus en plus pleinement ma passion et mon rêve. Je ne me fixe pas de limite dans mon développement, et je garde à l’esprit 3 mots (que Jonathan me rappelle régulièrement) : Patience, intelligence et persévérance !

As-tu le sentiment d’évoluer? 

L’investissement nécessaire pour tenter d’être performant est total. Il faut être très bon gestionnaire de nombreux éléments (qui dépassent largement l’entrainement), être bien conseillé bien entouré. J’essaye d’être patient et intelligent dans ma démarche. J’ai beaucoup à apprendre, et j’ai vraiment confiance dans mon développement à long terme.

Et la suite? 

La prochaine course sera le 70.3 du Luxembourg le 18 juin. La suite n’est pas encore totalement arrêtée, ça se passera très certainement à l’IM de Kalmar en Suède.

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