Montréal, une ville qui déteste le marathon

Il y avait une rumeur persistante qui disait que le marathon de Montréal allait changer de parcours. Certains pensent que c’est encore notre fonction publique et le CIO qui veulent nous mettre dans un coin. Pour que le marathon dérange un peu moins.

En fait non, selon Bernard Arsenault (le frère du fameux organisateur Serge Arsenault, l’homme qui organise les courses ProTour de Québec et de Montréal, vous savez la course soit disant la plus télédiffusée mondialement après le tour de France selon lui, l’homme qui se permet d’insulter Laurent Jalabert qui est trop obsédé par le triathlon et qui est décroché par le cyclisme moderne…). Enfin revenons à nos moutons. Bernard Arsenault souhaite changer le parcours du marathon de Montréal.

Cela est une bonne nouvelle, pourquoi? Parce de touts mes amis qui courent cette distance, il n’y en a pas un qui veut faire cette course. Pourquoi? Parcours avec trop de dénivelé. Aucune chance de faire un personnal best. Je me trompe peut-être, mais c’est justement ça le but de l’exercice : de s’aligner sur cette distance. Aussi, cette course est très mal placée dans le calendrier puisqu’il fait trop souvent trop chaud.

Alors, c’est une course complètement boudée par l’élite. Résultat : record de 2h15 pour les hommes et 2h40 chez les femmes.

Du coup, c’est une course qui n’a aucun avenir aux yeux de l’élite. Et oui, on préfère dépenser 500$ en frais de logement et de déplacement pour courir un vrai marathon comme celui de Toronto.

Les médias et les organisateurs nous annoncent des taux de participation de 25 000 coureurs. Le hic, c’est qu’à peine 2 300 personnes participent à la distance reine. Pour y remédier (et rentabiliser), l’organisateur préfère offrir plusieurs options : 5 km marche, 5 km course, 10 km marche, 10 km course, petit marathon 1 km, championnat provincial du 1 km, course en marche arrière (ok, je déconne). Le problème dans tout cela? Les coureurs rapides (marathon) finissent par foncer dans les coureurs lents (de toutes les autres distances). L’arrivée du marathon dans le stade était quelque chose d’incroyable. Plus maintenant!

Bernard Arsenault souhaite changer le parcours pour le rendre plus rapide afin d’attirer l’élite et de lui redonner un peu de son prestige de ses années de gloire d’il y a 30 ans. C’est une excellente nouvelle! Le problème vient désormais de l’administration de la ville de Montréal. Cette ville de sport qui est tellement douée qu’elle est passée à un poil de perdre les championnats du monde d’aquatique.

Notre société de devrait-elle pas encourager la participation en rendant les coûts d’inscriptions aux évènements déductibles d’impôts? Quelqu’un qui participe régulièrement à des compétitions risque de coûter moins cher au système de santé qu’un fan de hockey qui regarde son match avec ses chips et sa bière.

Le gouvernement dit quoi? Il va donner 250 millions pour la construction d’une nouvelle aréna dans l’optique d’attirer une équipe de la LNH. Et les joueurs de foot, les nageurs, les cyclistes, les coureurs, les kayakistes? Rien. Les coureurs sont perçus comme des emmerdeurs qui bloquent des rues. Au moins ceux qui font le Tour de l’île, ce ne sont pas des sportifs et ils ne sont pas visés par le symptôme du « je suis inactif alors je te déteste ». Cela continue à se transformer en racisme envers le Spandex.

Tiens, ça me fait penser à une pub de Nike qui pose une excellente question : si les coureurs étaient traités de la même façon que skateurs? Satire? Peut être. Mais ce n’est pas loin de la réalité :

Alors voilà, l’organisateur sait déjà que le parcours du marathon restera le même en 2012 qu’il était en 2011. Nos fameux arrondissement n’ont pas le temps, c’est trop compliqué! Une ville comme Montréal ne peut pas se permettre de tout bloquer comme New-York, Toronto, Chicago, Londres, Berlin, Paris, Amsterdam etc. Non! Montréal est un cas spécial.

Verdict, on continuera à aller à Ottawa, Toronto, Boston et Chicago. Quand j’étais jeune, je ne louppais jamais la télédiffusion du marathon de New-York et de Paris. J’ignorais complètement les subtilités de la course de fonds. Je savais juste qu’un jour, ça allait être mon tour. Nos jeunes Montréalais, ils sont exposés à quel sport d’endurance?

4 commentaires
  1. Tres bon texte Alex!

    Je suis surpris qu’il n’y est pas plus de commentaire.

    Tu sais, quand j’étais jeune le marathon était présenté « live » à la télé de radio-canada. Les gens le regardaient. C’était big! On suivait les exploits de André Viger en fauteuil roulant, Odette Lapierre, Jacqueline Gareau et d’autres québécois aspirants au podium. Tranquillement, le marathon est passé dans l’oublie! Il a même pas été couru certaines années.

  2. Tres bon texte ,il y en as a la ville qui ont le marathon de travers ,c’est comme les pistes cyclables ca déraneg tu vois le topo..!Nos élu(es) sportifs ou non sont a la merci des citoyens et commercants et font tout pour ne pas perdrent leurs votes aux prochaines élections..!