Critique du Livre de Craig Alexander > As the Crow Flies

Le titre intégral du livre est As the Crow Flies: My Journey to Ironman World Champion. Pourquoi vous le mentionner? Parce que le livre focalise surtout sur son année 2011 et sa reconquête de Kona. Puisque le livre sera sans aucun doute comparé à celui de Macca, ils reflètent très bien leurs différentes personnalités. Macca qui parle beaucoup même des fois un peu trop et qui a le besoin de se justifier sur certains choix et de l’autre coté, un Craig Alexander moins loquace qui se concentre à être direct sur les points importants sans s’écarter du sujet.

Le livre de Craig Alexander est avant tout une fenêtre ouverte sur ses réalités de sa saison 2011 qui a été riche en rebondissements puisqu’il a dû revenir en force après sa défaite contre Macca à Kona, affronter les blessures et faire des choix décisifs comme changer de vélo – tous ces sujet sont abordés.

Les séquences de sa vie sont traitées par double-pages accompagnées des magnifique photos de Paul K.Robbins dans des moments-clés, passant de la matiné avant Kona où on le voit relire son cahier d’entraînement, ou celle d’une après-course aux premiers soins. Avec ces clichés voyeurs, on s’imagine un contenu versant dans le sensationnalisme prêt à alimenter des discussions sans fin sur slowtwitch, mais, non il n’attaque jamais Macca. Il préfère avoir l’image du bon père de famille et l’homme digne et de parole.

Crowie est très réfléchi dans ses propos mais tout comme Macca, il a souvent besoin de se justifier sur ses choix. On imagine que c’est l’exercice de l’autobiographie qui demande cela, il y a une focalisation trop importante sur leur personne qui est parfois irritante. Le triathlon étant reconnu comme un sport pour des forts égos, on aurait espéré avoir un Crowie plus rassembleur.

Pour Macca, il avait besoin de défendre sa motivation de vouloir aller aux jeux, se défendre dans son franc-parler et s’autoproclamer le meilleur triathlète de l’histoire. Pour Crowie, il se défend dans ses relations avec ses commanditaires (Newton, Enduro Ceramic bearings). Il est difficile de ne pas penser à toutes les attaques des fans qui lui reprochaient d’avoir perdu Kona à cause d’un équipement non performant. Le livre en fait état.

C’est d’ailleurs quelque chose qui risque d’agacer certains qui auront l’impression de lire des infopubs. Sans conteste, Crowie a voulu remercier ses partenaires, cet écart est facilement pardonné puisque Craig partage ses plans d’entrainements. Sans être très détaillé, il donne une idée générale sur sa répartition du volume.

Si vous lisez ce livre en espérant trouver une collection de dictons afin de vous motiver, vous risquez d’être décu. Ils sont là, mais Crowie n’a pas le talent de la formulation de certains.

« Early on, my obsession with all the little details validated my own decision to become a professional athlete. It was never about proving others wrong but about proving myself right and eliminating my own doubt. But motivation changes with time. Life experiences shift perspective. What start out as a selfish pursuit evolved into something completely different. »

On a perçu à travers ce livre une personne franche qui tentait de prouver qu’on pouvait avoir une grande carrière tout en restant honnête et sans égoïsme parce que oui, à travers ces pages, on n’a vraiment pas l’impression d’avoir en face de nous un homme avec un ego fort. C’est surement pour cette raison qu’il a moins à dire que Macca.

C’est selon nous un ouvrage à lire pour comprendre la réalité des professionnels. C’est aussi un outil intéressant pour mieux comprendre les pré-requis en matière de volume nécessaire, mais si vous espérez lire un Crowie qui crée des controverses, cela n’est tout simplement pas le cas et Craig, il est comme il est, et c’est pour nous un modèle.


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