Retour sur l’accident du Lac Beauport.

Hier Radio Canada Québec a fait un deuxième reportage pour mieux comprendre les raisons de cet accident et essayer de déterminer si l’organisateur était en faute.

Il y a présentement une sorte de recherche de coupable. La réalité est que nous le sommes tous un peu : le policier, la conductrice, l’organisateur, les participants ont tous une partie de responsabilité. Que la course soit bien ou mal organisée, sanctionné par Triathlon Québec ou pas, un accident arrivera toujours s’il y a une erreur humaine.

Interrogé par Radio Canada, ma réponse était simple : avec un manque de ressources (bénévoles, intervenants en secours sur place) on finit par ne plus vouloir imaginer les pires scénarios. Même si cela n’est pas passé à l’écran, le journaliste voulait appuyer le fait que les erreurs d’organisations étaient fréquentes avec Sportriple.

La réalité est la suivante, Triathlon Québec ou pas, Sportriple ou pas, on se rend compte que lorsqu’on organise des Triathlons et qu’il y a un manque de support des villes, de la communauté, etc, et bien on s’expose à des accidents. Les triathlons à Mont-Tremblant exposent très bien ce fait et prouvent à quel point cela prend un très grand investissement de tous.

Malheureusement puisque cela n’a pas été inclu dans le reportage, le journaliste m’a évoqué sa surprise à voir des triathlètes continuer à aller faire des courses qui ont des mauvaises réputations, etc. Ironiquement, Trimes.org se sent visé dans cette remarque. Ceux qui connaissent Trimes depuis ses débuts savent que nous faisons des critiques de courses. Toujours selon la règle d’or, il y a des organisateurs qui s’ajustent aux remarques et ceux qui  à la limite vous insultent en vous sortant des vérités/mensonges. Donc Trimes a souvent eu cette impression d’aller au front pour les autres sans vraiment y gagner quelque chose surtout qu’on a l’impression que notre lectorat continue à fréquenter ces courses et on ne peut nous reprocher d’avoir des conflits d’intérêts – et oui, on adore se faire traiter de syndicaliste du sport.

Tout cela pour expliquer que malheureusement, les triathlètes doivent apprendre à faire la distinction entre une bonne et une mauvaise organisation. Ils se doivent aussi de communiquer publiquement afin de créer un savoir commun et interagir avec ces organisateurs.

Dans un monde parfait, les clubs de triathlons devraient s’engager à organiser des courses pour éviter justement que certains  en organisent à buts lucratifs avant tout. On devrait s’inspirer des Européens où les clubs mettent leur fierté sur la table en essayant d’organiser la meilleure course possible.

Pour finir, dans tout ce conflit, cela a fait remonter à la surface le fameux débat, course fédérée ou pas. Les paroles entre Louis Turcotte et Triathlon Québec sont assez dures. Chez Trimes.org, on se questionne avant tout à savoir pourquoi les événements sportifs ne sont pas plus encadrés que cela par le ministère du sport.

Est-ce que les triathlons devraient forcément se faire imposer des fermetures des routes, sanctionnées ou pas par Triathlon Québec, c’est sûrement une question très difficile à poser car cela compliquerait les organisations à un point tel que certaines courses ne reviendraient plus. Il en demeure que nous devons être pro-actif dans cette problématique. Il est difficile de reprocher une mauvaise organisation si on s’implique jamais.

12 commentaires
  1. La dernière phrase de ton texte est d’une très grande sagesse!

    Pour avoir participer à l’organisation de la section cycliste d’un triathlon, je confirme que d’imposer la fermeture des routes signifie la fin de plusieurs courses.

    Selon mon expérience, les villes et le MTQ « tolèrent » les triathlons. Ils sont loin de les supporter…

    1. C’est justement la ou la problématique est la plus grande. Je préfère encore une ville qui refuse d’avoir une triathlon qu’une ville qui tolère et qui fait les choses a moitié.

      Si on prend le succès de Mont-Tremblant, elle montre à quel point les autres villes ont perdues une magnifique opportunité d’affaire.

      Des choix de société…

      1. Alex… il y a tout un monde entre un triathlon au Québec et un Ironman! Je suis de l’organisation du triathlon de Joliette, on avait une coupe du Québec et jamais dans 100 ans on peut comparer ce triathlon et un Ironman.

        L’incident de Beauport aurait pu arrivé autant sur un Ironman, sur une coupe du Québec… mais là c’est arrivé à Beauport. En fait, c’est dommage pour toutes les organisations et les sportifs.

        La question principale est la suivante: possiblement que les Québécois sont plus dangereux au volant que plusieurs autres conducteurs!!! Ici, tu as la non-responsabilité civile au volant avec la SAAQ. Si tu as un accident avec un vélo, les dommages sont établis à l’avance. Regarde de l’autre côté de la frontière. Si tu as un accident avec un vélo: tu vas te faire poursuivre et tu va le payer pas mal plus qu’ici… Cette conductrice aurait dû regarder avant d’avancer: point final!!! C’est elle la seule responsable de l’accident.

        1. Euhhh Simon?

          Simon Malo?

          Cette question existe pendant l’examen théorique en conduite auto. Que faire lorsqu’un flic te fait signe de passer?
          A. Tu regarde des 2 côtés et ensuite tu passe
          B. Tu focus sur le flic et tu y vas selon ses gestes
          C. Tu envoies un texto, tu place un appel, et tu passes

          La bonne réponse est B…

          J’ai regardé à nouveau les images ce matin. Je ne suis pas expert en technique policière. Mais j’ai noté que le flic avait utilisé une seule main pour gérer *et* l’automobiliste *et* la cycliste. Je me serait attendu à une main gauche en signe de STOP à l’automobiliste, et à un geste « Enweille passe » à la cycliste, tout en maintenant le STOP envers l’automobiliste.

          Par ailleurs, la fille de la femme au volent de l’auto a rapporté sur un forum de discussion que juste avant l’accident, elle s’était fait dire par le même flic de traverser rapidement, aussitôt qu’il lui ferait le signe. Donc elle était dans cet état d’esprit.

          Donc mon cher, je suis fortement en désaccord avec ta lecture des faits. Ce problème est d’avantage un problème d’organisation. Ça prend probablement plus d’une personne pour gérer la traverse d’un véhicule automobile en pleine course. On peut pas responsabiliser l’automobiliste dans ce cas, puisqu’il doit suivre une procédure nette, gérée par une équipe et non par une seule personne qui utilise une seule main.

          Charles

          1. justement, je ne vois pas de signe du policier pour faire avancer la conductrice… mais bon. Disons qu’elle devait être très très très prudente pour avancer de la sorte et qu’elle avait bien ragardé des 2 côtés avant d’avancer… LOL!!! Come-on Charles!!!

            En fait, à cet endroit ça me semblait pas mal risqué de faire sortir un véhicule… c’était fermé. La conductrice aurait dû se faire dire ; d’attendre que la partie vélo soit terminée. C’est là le problème…Il y a toujours des  »pressés »

            Pour l’organisation… je ne suis pas impliqué dans cette lutte trimes/Louis. Mais si tu regardes ce liens : http://triathlete-europe.competitor.com/2011/05/10/two-cyclists-hit-by-cars-at-ironman-st-george … en 2011 à Ironman St-Georges, pas un mais 2 personnes furent impliquées sur 2 accidents distincts. On parle d’un Ironman là!!! Côté organisation, tu veux quoi de plus. Tu peux toujours prévoir l’imprévisible, mais les accidents arrivent (peu importe l’organisation). Fermer les routes c’est pratiquement impossible (circulation locale, urgence, etc). Et tant qu’il y aura des véhicules sur les trajets, il y aura des risques.

            Pire que ça mon Charles… Il y a même des compétiteurs qui on des accidents avec des bénévoles. En 2011 Chris McDonald a frappé un bénévole en vélo à Ironman Cozumel (out pour la course, blessé). STARYKOWICZ, lui c’est à Dubai (en prison sans passer par go) … Parles avec Bernard Alix, il a eu un accident sur un 70.3 à cause d’un bénévole (vélo brisé, blessé). Ici, c’est toutes des grosses organisations et pourtant il y a des accidents. Pour moi, les accidents sont un facteur de risque à la pratique sportive. On ne peut pas les éviter toujours.

            Comme roux, je souhaite que la compétitrice remonte en selle le plus vite possible.

          2. Simon, je t’assure que je suis très Sports Triple friendly. Louis fut un bon ami à une époque, je suis allez chez lui, on a tenté de refaire le monde du triathlon ensemble en 96. Et si tu suggère l’idée que cet accident aurait pu arriver n’importe où, je suis entièrement d’accord.

            Tiens Simon, je cite textuellement:
            « Principalement à ceux soutenant qu’ils n’auraient pas réagi de la même façon dans les circonstances je souhaiterais dire ceci: auriez-vous réagi de la même façon si le policier, juste avant de faire un signe au vélo, dans le vide ou à qui vous voulez, vous aurait dit : là madame vous vous dépêchez de sortir DÈS QUE JE FAIS UN SIGNE? »

            Donc, Primo, le flic se rend à la rencontre de l’automobiliste. Il lui explique qu’il va ouvrir la barrière, et la conditionne à traverser immédiatement aussitôt qu’il lui fait un signe.

            Je ne juge pas le flic, j’crois pas que la responsabilité de ce grave incident soit l’apanage d’une seule personne. Mais t’imagine un flic de la SQ en opération de contrôle du trafic qui travaillerait juste d’une main?

  2. C’est quand même bien malheureux de toujours s’acharner à trouver des coupables dans ce genre de situation. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas puisqu’accident il y a eu.
    Mais on sait bien que même les organisateurs les plus consciencieux font avec les moyens du bord, c’est à dire avec des signaleurs qui ont plusieurs rôles à jouer en même temps, des automobilistes peu scrupuleux, des compétiteurs très pressés…
    Si toutes les normes d’organisation étaient respectées à la lettre, il y a belle lurette que le calendrier serait réduit à sa plus simple expression.
    Donc un peu de mesure, de bon sens. En tant que triathlète, il m’est déjà arrivé une fois de chuter lourdement avec hospitalisation à la clé et, à aucun moment, il ne m’est venu à l’esprit de me retourner contre qui que ce soit.
    Bonne chance à la malheureuse compétitrice à laquelle on souhaite un prompt rétablissement.

    1. Roux, cette dame aurait pu mourir ce jour là.
      On parle pas de trouver des coupables, mais de faire un post mortem pour tenter de diminuer ce genre de risques dans le futur.

      La situation de Sport Triples qui refuse de collaborer avec TQ, a, selon moi, assez duré.

      Travaillons ensemble ostie.

      Charles

      1. C’est certain que personne n’est à l’abris d’un accident. Il en demeure que certaines organisation sont moins sécuritaires que d’autre…

        Quand une personne attend 35 minutes par terre…

        Qu’on voit dans un reportage une voiture coupée un coureur à 10m de l’arrivée..

        Et quand Louis Turcotte dit a radio canada que Triathlon Quebec est une bande d’amateur, je trouve cela dommage que le monde se refuse de faire des conclusions.

  3. Communiqué de presse
    Pour diffusion immédiate

    UNE SÉCURITÉ RENFORCÉE LORS DU PROCHAIN
    TRIATHLON DE LAC-BEAUPORT

    Lac- Beauport, le 2013 : Par suite du malheureux accident survenu en juin dernier lors du Triathlon de Lac-Beauport, SporTriple, organisateur de l’événement, tient à informer et à rassurer la population qu’un train de mesures viendront renforcer celles déjà existantes pour mieux assurer encore la sécurité du public et des participants.
    En effet, un bilan de l’événement a été réalisé avec les différents intervenants présents lors du triathlon de juin dernier afin de resserrer et peaufiner les mesures de sécurité mises de l’avant. Tant la Sureté du Québec, la municipalité de Lac-Beauport, la coopérative des techniciens ambulanciers du Québec métropolitain que l’équipe de radioamateurs VE2 ont proposé des suggestions pour améliorer la sécurité des participants lors de cet événement.
    « Certains médias ont rapporté que le délai d’intervention des ambulanciers a été d’une quarantaine de minutes. En réalité, les ambulanciers étaient sur les lieux 13 minutes après l’appel. Pour resserrer encore davantage le temps de réaction, une ambulance sera dorénavant présente sur le site de l’événement durant tout le déroulement du triathlon. De plus, un préposé aux communications VE2 sera placé près de l’ambulance afin de faire le relais communication advenant une urgence sur le parcours, » a tenu à préciser monsieur Louis Turcotte, président de l’événement.
    « Un médecin était présent sur le site lors de l’événement et c’est ce médecin assisté d’une secouriste qui est intervenu auprès du blessé. Cependant, nous allons mieux identifier les intervenants des différents secteurs, les secouristes, bénévoles et responsables des communications, afin qu’ils soient plus facilement et rapidement repérables, » a poursuivi monsieur Turcotte.
    Un accent particulier sera mis sur la diffusion d’incitations à la prudence auprès de la population en vue des compétitions. Ainsi, affiches et journaux seront mis à contribution de façon plus marquée.
    Sur le site internet officiel du triathlon annonçant l’activité, toutes les informations pertinentes sur la sécurité, sur les ressources disponibles, sur le parcours et toutes les consignes jugées importantes seront inscrites. Des mesures seront prises pour s’assurer que cette information soit sue et comprise. Un rappel de tous ces renseignements, particulièrement le volet sécurité, sera fait à la réunion d’information rassemblant tous les participants 15 minutes avant la course.
    Ces mesures plus pointues, venant renforcer toutes celles déjà existantes, seront en application dès la prochaine édition du Triathlon de Lac-Beauport.
    « Depuis 20 ans, les mesures de sécurité mises en place au triathlon ont fait leurs preuves. Par suite de cet accident, elles seront encore plus efficaces et plus sûres. Les organisateurs du Triathlon de Lac-Beauport ont toujours eu à cœur la sécurité des athlètes et de la population afin que l’événement se déroule sereinement. Ce principe demeure la priorité numéro un de l’organisation, » a conclu monsieur Turcotte.

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    Source et informations : Louis turcotte
    SporTriple
    Tél. :(450) 227-3578