Complément d’enquête > Comprendre la sanction de José Jeuland

Cette histoire fait le buzz et démontre surtout la problématique des rouages de la lutte contre le dopage.

José Jeuland s’est fait contrôler à la nandrolone en septembre 2013 au triathlon de Quiberion. Il avait d’ailleurs gagné cette course. À noter qu’il avait passé la majorité de sa saison aux États-Unis.

La métélonole c’est quoi? (source Wikipedia)

La méténolone (aussi méthénolone, Nibal, Primobolan) est un stéroïde anabolisant à longue durée d’action avec de faibles propriétés androgènes. Il est utilisé sous forme d’acétate d’ester pour l’administration orale et sous forme d’heptanoate d’ester pour les injections intramusculaires. Les doses adultes pour le traitement de l’anémie aplasique sont ordinairement comprises entre 1 et 3 mg par kilogramme de poids corporel et par jour.

L’AFLD parle tout de même de concentration importante.

Comme toujours, pour obtenir ce style de produit, il faut faire appel à un médecin sans scrupule comme le docteur Mabuse

Le processus de sanction.
José Jeuland a été informé de son test positif, il a réclamé le test de l’échantillon B mais refusera de payer les frais pour les tests. Cela a retardé tout le processus. Entre temps, n’ayant pas renouvelé sa licence avec la FFtri, la fédération n’a jamais le dossier entre ces mains. Elle ne pouvait donc pas informer les différentes instances.

Jeuland a alors commencé à rentrer dans un mutisme total. Profitant probablement du fait qu’il n’était pas en France. Il refusera toute convocation et refusera donc de s’expliquer sur la présence de ce produit dans son corps. C’est seulement en Juillet 2014 qu’il acceptera un courrier recommandé.

Les débats se sont déroulés en septembre 2014 sans sa présence. Il aura donc fallu 1 an pour faire appliquer sa sanction.

Pourquoi l’information ne sort que maintenant?

Le processus devait encore une fois attendre que José Jeuland soit informé de la décision. À partir de cela, toutes les différentes fédérations ont reçu cette nouvelle et devaient la médiatiser. Pour le triathlon, la FFtri s’est engagée à la communiquer dans Triathlete Magazine, section « Tri à la une ».

La première vrai trace de cette nouvelle sera finalement sur le site de la fédération française d’athlétisme. L’information sera communiquée le 2 décembre 2014. Cela aura donc pris pratiquement 1 mois pour que l’on tombe dessus.

Jose Jeuland n’a pourtant jamais communiqué publiquement sur sa sanction et il est présentement aux États-Unis.

On peut tout de suite s’interroger sur le processus de diffusion des cas de dopages. Est-ce que les fédérations tentent d’étouffer ces affaires pour ne pas ternir leur image? Dans le cas de la FFtri, il est difficilement comprenable qu’elle ne soit pas la première à diffuser cette nouvelle importante surtout qu’un cas positif démontre qu’il y a bien une lutte contre le dopage.

Pourquoi 3 ans?
On n’a pas eu la confirmation, sachant que la sanction aurait du être de 2 ans, son refus de collaborer a probablement aggravé son cas.

Et la suite?

La sanction est applicable qu’en France, mais un mémo a été envoyé aux différentes instances comme l’USAT, l’ITU et l’Agence Anti Dopage Mondiale (WADA).

Pourquoi était-il en mesure de courir en 2014.

Tant que la sanction n’est pas officielle, elle ne peut pas être rendue publique. En refusant de collaborer, José Jeuland s’est acheté du temps. Les organisateurs de courses n’étaient pas au courant. D’ailleurs, José Jeuland a été contrôlé négatif lors de Challenge Vichy. Malheureusement, les tests ne ciblent que quelques produits…

Ironiquement, lui qui a réussi à échapper entre les mailles du filet en n’étant plus licencié à la FFtri, était pourtant a nouveau licencié en 2014 avec le Club Nantais.

La vraie problématique actuelle dans la lutte du dopage.

Même si la lutte est réelle, on se rend compte qu’il ne faut plus se fier sur l’image des athlètes. Se prononcer publiquement contre le dopage ne signifie pas qu’un athlète est propre.

Dans ce cas, le plus attristant, c’est qu’il a berné de nombreux partenaires et son club. Il a continué à faire comme de rien en espérant que cela ne soit pas publique.

Vu la lourdeur du processus, on peut déjà se questionné s’il aurait réussi à courir à l’étranger. De plus, si la sanction avait été entérinée en 2015, avec le nouveau code, la sanction aurait été beaucoup plus lourde…

5 commentaires
  1. des peines d’interdiction de 5 ans, et à vie en cas de récidive.

    et des ‘amendes’ très fortes pour, déjà, empêcher les délinquants (ou criminels bientôt en allemagne) de ‘jouir’ de leurs délits avec les prize money gagnés…

    m’enfin, quand on voit ça …

    ‘Antoine Deltour est le lanceur d’alerte à l’origine de
    la révélation d’une grande partie des documents des LuxLeaks. Ses
    avocats insistent sur l’innocence de sa démarche : « il est
    l’illustration parfaite du désintéressement et de la modestie qui
    donnent aux alertes une dimension universelle. C’est le cousin français
    d’Edward Snowden ». Antoine est aujourd’hui poursuivi devant la justice luxembourgeoise.’

    http://la-bas.org/repaire-de-grenoble-meylan-soutenons-antoine-deltour

  2. José va se retrouver très seul ces prochains mois … ce qui ne sera pas le cas pour les kienle, brownlee et autres alexander (j’en oublie ??) qui sont surement chargés comme des mules et pas qu’avec des stéroides …

    1. Et tu te base sur quoi pour dire ça ? ton intuition féminine ?
      A voir les hauts et les bas que ces gars connaissent, je doute qu’ils se dopent, ou en tout cas ils méritent qu’on les présumme innocent jusqu’à preuve du contraire.