Championnat de France D1 Duathlon : À quoi s’attendre ?

 C’est à Parthenay qu’aura lieu ce week-end la deuxième manche du Championnat de France de D1 de duathlon. À l’image de l’article que l’on avait fait avant Paillencourt, je vous propose un article d’anticipation … Tentons de dresser quelques scénarios et de comprendre les spécifiés de cette deuxième manche.

Le format ?

5 km – 20 km – 2.5 km. Ce sera donc sur un format sprint. Cela marque une nette différence par rapport à un 5 km – 30 km – 5 km. Une échappée en vélo à nettement plus de chance de résister à un retour de l’arrière sur la 2e à pied. (Plus d’explications plus bas).

Le parcours ?

À Parthenay le parcours à pied n’est pas très technique. Les virages ne sont pas très nombreux et s’enchainent plutôt bien, par contre, c’est dur ! Un faux plat montant suivi d’un vrai raidar enchainé à un virage à 90 degrés fait très mal, sans trop de récupération on arrive sur l’équivalent de ce raidar à descendre avec virage qui débouche sur une petite partie en herbe. Le start à Parthenay est très important, on se retrouve très vite sur une longue partie de 800m sur un petit chemin en falun où il est difficile de doubler. Si vous êtes un peu juste (fin de premier pack, à 15’’ maximum de la tête), votre placement sur la ligne, et votre capacité à vous projeter rapidement vers dans les 1ers de la course peut décider ou non si vous ferez partie du premier pack à l’issue de la 1re à pied.

À vélo, le parcours est aussi très intéressant. À Parthenay, il se passe toujours des choses ! Globalement, vous avez une première partie du circuit qui est non technique, mais difficile, une bosse sortie de T1 puis un long, long faux plat montant. Évidemment le retour, il faut revenir au point de départ, et donc redescendre, mais le retour est un enchainement de vire/vire technique qui se fait à toute vitesse. Ce n’est pas forcément sur les difficultés des parcours que se font les différences, mais souvent sur les parties techniques. (À Paillencourt, lors de la première manche, chez les hommes, cela se joue sur une attaque avant un virage avec un forcing de quelques athlètes à la sortie de celui-ci, et la cassure était faite).

HOMME – Càp 1 : Faire le pack ? Nécessaire ?

Sur la première manche du Championnat, on a vu une bonne dizaine d’hommes sortir de T1 avec environ 10 secs d’avance (Fin du 1er pack 10’’ d’avance sur début du 2e pack). Clairement, si le premier pack s’organisait, cela ne reviendrait pas de derrière, ou pas si vite, et ceci pour différentes raisons : les athlètes sont plus frais, et les bons rouleurs sont généralement assez loin l’issue de la 1re à pied, le temps que cela s’organise vraiment peut mettre du temps.

Il faut savoir que pour faire le 1er pack, il faut courir +/- 3’/km en termes d’allure. En fait, prenant en compte les références chronométriques des premiers sur 5 km ou 10 km, je suis toujours étonné que la première à pied ne soit pas plus rapide. Concrètement, les 5 premiers arrivants à T1 se baladeraient presque.

HOMME – Vélo : Regroupement général obligatoire ?

Les meilleurs étant devant dès le début de course, cela part très fort, chacun essaie de faire la différence de son côté. Soit cela marche, et un pack de 3,4 athlètes part, soit cela ne marche pas et là c’est rideau, et derrière cela revient très vite. Rappelons qu’en sortie de T1, il y a une bosse, en partant fort cela peut éliminer les athlètes qui ont fait le pack en étant limite. Si dix athlètes restent ensemble, cela ne s’organise pas, s’il n’y en a plus que 5/6 la donne est différent. S’il y a regroupement général, la suite de la course devient très difficile à prédire, 1 attaque, 2 attaques […] 12 attaques, au petit bonheur la chance pour être devant ? Pas tout à fait. Sur la 1re manche, parmi l’échappée on a retrouvé notamment Yohan Le Berre, Robin Moussel, et Damien Derobert, ils font partis des plus forts à vélo, s’ils étaient devant, c’était tout sauf un hasard. Face au manque de technique de certains, la différence peut être faite à tout moment, à chaque virage, cela rend la course nerveuse. Pour être clair, Parthenay offre souvent une échappée qui arrive à T2 avec une avance pouvant aller de 20 à 30 secs.

HOMME – Càp 2 : Qui peut battre Benjamin Choquert ?

Il ne va sans doute pas aimer cette sous-partie, mais les faits sont là. Benjamin a mis 31 secondes au 2e meilleur temps à pied (càp2) sur 5 km à Paillencourt (en considérant que l’effort vélo était comparable, car tous les deux restés dans le peloton). Considérant un effort vélo important du fait d’être dans l’échappée, Yohan Le Berre a concédé 51 secondes. Si vous prenez en compte le fait que Yohan fait partie des meilleurs … Vous comprenez que Benjamin évolue dans une autre dimension que les autres en course à pied en ce moment, tout simplement.

Sur la càp 2 de Parthenay, il n’y aura que 2.5 km. Si échappée il y a, il faudra poser avec à minima 20 secondes sur Benjamin et faire partie des meilleurs à pied pour l’emporter. Qui a ce profil ? Yohan Le Berre, Emilio Martin, Julien Devanne, Nathan Guerbeur, Benoit Nicolas. La probabilité que cela arrive ? Je dirai assez élevé en fait, une échappée qui arrive à T2 avec 20 secs d’avance avec Yohan Le Berre ou Emilio Martin dedans, ça me paraît plausible, sans Benjamin dans la roue, ce serait mieux pour eux.

Le scénario peut être totalement différent avec un regroupement général très rapide, et de bons rouleurs qui prennent le large rapidement, et pose avec une minute d’avance pour finalement jouer la gagne, je dirai possible, mais peu probable. Cela supposerait que le peloton se relâche, et étant donné que le parcours vélo est sans temps mort, cela ne débranche jamais.

Infos start-list Le point qui me fait plaisir ?

De très bons triathlètes au départ : Stephen Justus (ancien vainqueur d’une WTS), et Dylan Magnien (ancien champion de France cadet triathlon et performant en Coupe d’Europe). Cela apporte toujours un niveau supplémentaire.

Par équipe ? Metz intouchable ?

Après 2 ans de domination sans partage de Gonfreville, Metz semble prêt à prendre la suite. En terminant 1, 2 et 5e lors de la première manche, cela ne laisse pas beaucoup de marge aux autres équipes. Cependant le championnat n’est pas joué d’avance, et une deuxième victoire de Metz ne signifierait pas d’hors et déjà le titre. Le format de la 3e manche sera TRÈS particulier, et réservera sûrement des surprises.

Qu’en est-il de la course femme ?

On notera l’absence de Cécile Lejeune, mais le retour de Julie Chuberre Dodé. Chez les femmes, on a vu sur la première manche que finalement la course était « pliée » après càp1. Soit vous faites le pack (5/6 athlètes) et vous jouez la victoire, soit vous ne le faites pas, et c’est la course pour les places d’honneur. Il y a vraiment une course à deux vitesses, sur la 1 ère manche il y avait une différence de 50’’ entre le 1er pack et le 2e pack. Vu qu’il y a peu d’athlètes devant à l’issue de la càp1, une faiblesse vélo n’est pas pardonnée. Une athlète comme Lucie Picard avait pris 2’40 sur le vélo après avoir pris le vélo dans les premières. On ne peut tout simplement pas profiter de l’abri d’un peloton. Avec l’arrivée des beaux jours, que cela soit chez les hommes comme chez les femmes, on peut imaginer que tout le monde a eu plus de temps pour rouler, cela densifie d’autant plus la course.

Un pronostic ?

Sandra Levenez a été très déçue de sa 2e place sur le 1er manche. On peut imaginer que maintenant qu’elle a vu qu’elle était revenue au niveau, elle sera difficile à battre.

Par équipe ?

Issy Triathlon en faisant 1,2 et 6 sur la première manche n’a pas vraiment montré de faiblesse, surtout que la 4e de l’équipe (Lucie Picard) finit 9e . Les Isséennes vont être difficilement battables, mais Metz Triathlon et Monluçon Triathlon ont de bons atouts dans leurs équipes. Encore une fois, une victoire des Isséennes dimanche n’assurera pas une victoire finale sur le Championnat. La 3e manche sera particulière et peut relancer le Championnat. Affaire à suivre donc. Départ D1 F : 13h Départ D1 H : 14h50

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