Critique > K-Swiss K-ruuz.

En matière de triathlon, il existe très peu de fabricants de chaussures qui font des modèles spécifiques à notre discipline. Excepté Newton, Avia et Zoot, les grandes marques ne font pratiquement pas d’ efforts pour ce marché ou semblent être totalement déconnectées de notre réalité comme le fameux modèle bariolé d’asics TRI Noosa!

À voir la rapide pénétration de Newton dans le marché ironman, il semble évident que les triathlètes sont en demande pour de produits spécifiques à notre discipline… même si des fois, je me demande plus si ce n’est pas un besoin d’identification comme triathlète face aux autres… mais cela est un autre débat! Enfin le succès de Newton a clairement inspiré d’autres fabricants. Parce que ce marché est très lucratif!

K-swiss, qui est une sorte de Lacoste de la chaussure de tennis, un modèle classique qui passe les modes, a décidé de se concentrer sur le marché du triathlon. Et ils n’ont pas fait les choses à moitié! Ils ont investi massivement dans une license Ironman! Ils commanditent les meilleurs triathlètes  mondiaux, Dibens, Reed, Bozzone, Raelert, Carfrae, Lieto… en fait, sur la distance 70.3, ils ont tout gagné toutes les courses sauf Singapour (Craig Alexander sur Newton).

Leur modèle phare est la K-ona pour distance ironman et la toute nouvelle K-ruuz pour distance Olympique à 70.3. J’ai eu la chance d’obtenir une paire de K-ruuz avant sa sortie officielle au Canada (juillet – et oui, comme à l’habitude les modèles performance ne sont pas une priorité pour le marché canadien…).

Donc voila, j’ai pu faire l’essai de ces fameuses chaussures qui gagnent toutes les courses en ce moment. Je tiens a signaler que mes chaussures de tous les jours sont des lunaracers (enfin vous devez le savoir!). Elles sont considérées comme des racing flat à cause de leur poid, mais elles sont aussi absorbante que des trainers et cela joue dans ma critique sur les k-ruuz. Elles sont ma référence.

K-swiss a tenté de faire la première racing spécialement conçue pour le triathlon mais est-elle vraiment supérieure à une racing flat traditionnelle?

La première chose déterminant pour un racing flat c’est son poids! Un coureur qui utilise ce genre de chaussure doit accepter le fait d’être sur la limite de l’inconfort avec ce style de chaussure. Si vous pensez qu’une chaussure doit vous apportez un support pour une meilleure mécanique, cette chaussure n’est pas fait pour vous. Vous devez avoir comme mentalité que la meilleure paire de chaussure c’est vos pieds!

Malheureusement pour les k-ruuz, elles se situent dans la moyenne à 7.1 oz (taille 9). C’est supérieur a des lunaracers, ou a des Sacony Grid Type A4  6.3oz (taille 9). Je n’ai pas de problèmes avec le léger surplus de poids s’ il est justifié dans le support, mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, lorsque j’ai mis pour la première fois les k-ruuz j’ai été frappé par tous les efforts qui ont été fait pour les rendre les plus légères possible, elles me donnent l’impression qu’ils ont du couper sur certains éléments pour maintenir un poid plume! Exemple flagrant, la languette! Elle n’est pas assez large…

Un grand effort a aussi été fait dans le tissu pour la rendre la plus légère possible. En fait c’est une chaussure qui semble transparente (attention aux chaussettes que vous portez!).

Point de vue structure, elle ressemble a une lunaracer. Elle procure le même questionnement! Comment ils ont fait pour que le tissu reste debout! En fait dans le milieu du pied il y a une structure qui tient le tout (partie grise). De ce fait, la première fois que vous mettez ces chaussures, vous avec presque l’impression de porter des sandales! la seule surface de contact semble être la semelle. Aussi, la k-ruuz a été conçue pour être utilisée sans chaussettes,  la shoebox (espace pour les doigts pieds) a été élargie. Encore une fois pour ceux qui courent en racing-flat (chaussures généralement très fines et pour pied fin), ce surplus d’espace surprend! (acheter ses chaussures une demi-pointure peut-être conseillé).

La semelle est très plate, les premières sensations sont assez étranges mais lorsque l’on commence a courir avec on oublie très rapidement ses inconforts.

Je vais être franc avec vous, a peu près toutes les racing flats sont identiques, leurs qualités résident uniquement dans leurs poids et le choix d’une racing flat est plus souvent dicté par son affection et sa fidélisation a une marque.

Généralement, un racing flat n’est pas utilisable à tous les jours avec ce type de chaussures parce qu’elle entraine trop de dégat dans vos joins et de traumatismes musculaires. Il y a juste les Nike Lunaracers avec lesquels je n’ai pas ces inconvénients. Ces pourquoi, en utilisant les k-ruuz et en retrouvant ce fameux mal de jambes provoqué par le manque de coussin… j’avais l’impression de faire un retour en arrière comparé à la lunaracer surtout que je tiens a vous rappeler qu’elles sont plus légères que les k-ruuz!

Oui mais, la k-ruuz est un modèle intéressant non pas à cause de son look de bowling, mais du fait qu’elle est vraiment conçue pour le triathlon, mais est-ce vraiment le cas?

Ecoutez, les marques aiment toujours nous dire qu’ils ont développé un produit avec le support d’un athlète professionnel… et pour une fois cela semble être vrai!

Si on réfléchie bien, en quoi une chaussure de triathlon se doit d’être différente d’une chaussure de course traditionnelle? Les deux sont faites pour courir! Oui, mais les conditions de CAP (dans le froid sec) sont différentes des triathlons (dans la chaleur humide).

Généralement, un triathlète dans le top 10 de son AG en 70.3 fait le choix de ne pas utiliser de chaussettes. Cela est réalisable uniquement si la chaussure est conçue pour cela.Ainsi, il faut une absence de coutures qui peuvent provoquer des ampoules. Aussi, j’ai remarqué que mes ampoules étaient provoquées par le coté de la semelle qui vient toucher mone arche. K-swiss a fait attention a ce détail afin que votre pied ne soit pas trop exposé à la tranche.

Une chaussure de triathlon pour le vélo a une languette en arrière afin de faciliter l’insertion de votre pieds dans la chaussure. Etonnement, les fabricant n’avaient pas appliqué ce principe sur les chaussures de CAP. La languette avant a aussi été conçue avec ce principe, elle est très longue! c’est un peu déconcertant d’ailleurs. Il arrive de mal placer la languette lorsqu’on met sa chaussure rapidement, alors qu’avec ces longues languettes, l’insertion du pied est vraiment facilité.


Si vous regardez bien les photos, vous pouvez remarquer que les lacets comportent de petits noueux afin que vos nœuds ne se défassent pas. C’est un détail intéressant, le seul problème c’est que si vous compétitionnez vous n’avez surement pas le temps d’attacher vos lacets en course! D’ailleurs, l’installation des lacet Xtenex ajoutent énormément de confort dans la chaussure, la chaussure tient beaucoup mieux aux pieds avec. Alors oui, je crois que les lacets cela devraient être comme les pédales avec nos vélos, les fabricants ne devraient plus nous les fournir afin de nous laisser le choix. Après la collection des t-shirts de course, j’ai commencé la collection de lacet!

Dernier point, et peut-etre le plus intéressant, c’est l’effort que k-swiss a fait sur sa semelle, c’est effectivement des trous. Cela me paraissait totalement inutile, d’ailleurs les meilleurs racing-flat du marché n’en comportent pas. Oui, mais le triathlon c’est différent, la section course à pied d’un triathlon est généralement faite sous la chaleur et nous avons pris l’habitude de nous asperger d eau sur nous. Le grand problème ,  cette eau termine généralement dans les chaussures et cela entraine un grand inconfort, une chaussure lourde et un risque d’ampoule. Avec ces trous, l’eau est tout de suite éjectée!

Le seul point négatif sur ces chaussures est esthétique. La chaussure comporte deux systèmes en avant et en arrière appelé « FLOW COOL SYSTEM ». Il était important de renforcer la chaussure sur ces parties autant je déteste cette partie de la chaussure. C’est vraiment massif et cela donne une impression que tout le poids  réside dans ses deux extrémités! Aussi, des racing-flat est synonyme de simplicité… pas de gel, de système air etc… et malheureusement, il ne réponde pas à cette philosohpie en mettant en avant un système bidon. C’est des trous comme il y en a partout sur le reste de la chaussure! Si faire des trous, c’est devenu un technologie de pointe!

En conclusion, j’ai vraiment été surpris par l’ingéniosité de cette chaussure par ses petits détails pour le triathlon. J’espère que les autres fabricants vont suivre dans cette direction. Par contre, cette chaussure se révèle  être un racing flat classique dans le sens qu’il est difficile de les utiliser pour tous vos types d’entrainements, c’est pourquoi je vais rester fidèle à mes lunaracers.

Par contre, du fait qu’elles apportent des avantages certains  le jour de course, facilité a évacuer l’eau, chaussage, et à ne pas porter de chaussettes… tous ces petits détails font qu’elles deviendront mes chaussures de course.

Pour finir, nous devons féliciter K-swiss enfin une marque qui a décidé de développer des produits pour le triathlon et sans nous faire payer le prix! Et oui, ces chaussures sont les plus abordables ce qui est très rare. À titre d’exemple, des Newtons racer c’est 170$…

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