José Jeuland contre attaque.

Après  être resté silencieux pendant plus d’un mois, José Jeuland s’est finalement expliqué dans une entrevue presque exclusive dans le dernier numéro de Triathlète France.

Sa ligne de défense est simple, il ne se serai jamais dopé et cette trace de stéroïde anabolisant pourrait être le résultat d’un aliment ou d’un supplément teinté de cette substance. Ce sont effectivement des scénarios qui sont fréquents aux États-Unis et qui ne sont pas sans rappeler le cas de Contador.

Est-ce que José Jeuland est  sincère? Probablement, mais n’oublions pas que dans une tout autre envergure, un athlète comme Floyd Landis était allé beaucoup plus loin en écrivant un livre clamant son innocence et allant jusqu’à demander des ressources financières pour se défendre. Rares sont les dopés qui ne jouent pas cette carte

Dans le témoignage de Jeuland donné à Triathlete, il dit avoir sollicité une contre-expertise sur l’échantillon B et ne recevant aucune nouvelle information sur le dossier, il a tout simplement pensé que son dossier était fermé. Cette affirmation ne correspond pas avec celle présentée dans la décision de l’AFLD. On peut y lire que l’échantillon B 453656 ne sera jamais testé puisque l’intéressé a estimé que l’exigence du paiement préalable obligatoire des frais afférents à ces opérations constituait une contrainte de nature à l’empêcher de ses droits. L’AFLD ajoute d’ailleurs, qu’à défaut de s’être manifesté dans le délai qui lui était imparti pour ce faire, il pourrait être regardé comme ayant renoncé à l’exercice de ce droit.

Pour aller plus loin dans l’argumentation de l’AFLD, elle évoque le fait qu’il n’a formulé aucune observation ni produit aucun document, au cours de la procédure ouverte devant l’AFLD, de nature à expliquer la présence des substances interdites. 

C’est un point très important puisque même si ses échantillons sont positifs, en prouvant qu’il a été la victime d’un supplément teinté par des stéroïdes, sa sanction aurait pu être nettement plus légère.

Jeuland annonce que c’est seulement le 13 décembre 2014 qu’il recevra une lettre recommandée avec la décision de l’AFLD, en date du 4 septembre 2014. Encore une fois, sa version ne concorde pas avec la décision puisqu’elle énumère qu’il est réputé avoir accusé réception le 12 juillet 2014.

En conclusion, il ne fait nul doute que l’AFLD et José Jeuland ont deux versions totalement opposées. Pourtant, il semble très confiant dans sa défense et espère obtenir son annulation par le Conseil d’État. On peut imaginer que son avocat tentera de prouver qu’il y a eu un vice dans la procédure et c’est peut-être le cas.

Le plus étonnant dans son entrevue est qu’il compte poursuivre les journalistes et tout autres individus pour diffamation à tous ceux qu’ils l’ont accusé injustement de dopage puisque l’on parle d’une faute qu’il considère ne pas avoir commise. Évidemment, chez Trimes, on se sent concerné, mais on tient à rappeler que notre rôle est d’informer. Dans notre cas, on a simplement rapporté la décision de l’AFLD. On n’était pas dans la spéculation ou la rumeur, mais bien dans les faits rapportés par une instance nationale en autorité de le faire.

Ironiquement, ce numéro de Triathlète se veut de rappeller l’importance de la liberté d’expression… Dans une entrevue qui va dans cette direction et où l’auteur fait le choix de ne jamais le confronter alors que sa chronologie des faits est totalement en contradiction avec celle de l’AFLD, on se demande qui est vraiment dans la position de force…

Pour Trimes, ce dossier est maintenant clos et on espère sincèrement que dans toute cette histoire, il n’y ait que des athlètes propres.

 

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