Édito > Paris Roubaix, Masters, Gold Coast.

La deuxième semaine d’avril est probablement mon week-end sportif télévisuel, le golf et le cyclisme ont choisi la même journée pour y tenir leur événement le plus iconographique.

Pendant ce temps, la série mondiale faisait son retour en Australie.

Terre acquise? Avec cette longue histoire dans le sport triple, on imaginait y voir foule. On a rapidement eu un certain malaise, lorsque le diffuseur fait un plan rapproché sur la seule estrade afin de ne pas montrer les sièges vides. Situation commune avec Abu Dhabi. 

En parallèle, on voit des milliers de spectateurs sur le bord de route de Paris Roubaix ou au bord des allées du Masters. Voir des élites dans la zone de transition est pourtant nettement plus intéressant que de voir des cyclistes passer une fois, non?

Ces deux événements sportifs ont plusieurs éléments en commun. Le premier, c’est leur très longue histoire dans le sport et le deuxième est la difficulté incroyable de leurs tracés. Il y a ses passages mythiques où l’on sait qu’il pourrait y arriver quelques choses. 

Entre la trouée d’Arremberg ou l’Amen Corner, il y a ces mythes et ils ne se sont pas construits seuls. Leur distinction vient avant tout de leurs incroyables difficultés et cruautés. Pas étonnant que Game of Thrones a choisi le même week-end pour lancer sa 5e saison.

Et le triathlon?

On dit souvent que le sport est jeune, mais Kona est probablement l’épreuve phrase parce qu’elle est la seule à jouir d’une stabilité. Ce n’est pourtant pas le cas en ITU. Aucun ancien parcours olympique ne sera au calendrier de 2016. On continue de perdre la nation historique du sport. 

Gold Coast faisait son retour en série mondiale, cette destination touristique australienne avait déjà accueilli la grande finale en 2009. Soyons honnêtes, l’ITU a mieux travaillé son dossier avec un parcours plus intéressant que dans le passé. 

Ironiquement, l’organisateur de Gold Coast n’était nul autre qu’Ironman et d’après nos informateurs, ils n’ont pratiquement pas fait la promotion de la venue de la série mondiale. Ils se sont contentés d’accueillir 2000 triathlètes la journée suivante. 

On a toujours ce questionnement, pourquoi ces triathlètes amateurs ne sont pas venus observer la course des élites?

C’est quoi le problème?

On croit que le sport est figé dans un modèle. Il n’y a pas cette notion spectacle qui le différencie avec des parcours qui paraissent impraticables pour les amateurs. 

Est-ce que la notion spectacle est absente. Je fais souvent cet exercice, lorsque je regarde Paris Roubaix ou le masters, il y a ces passages que je connais par coeur.

Le triathlon ne semble pas s’attarder à mettre les éléments en place pour créer un moment magique. À l’exception des sprints finaux, existe-t-il l’équivalent de l’Amen Corner ou de la trouée d’Arremberg.

Kona à l’énergie Labs pour alimenter son mythe.

Que cela soit Abu Dhabi, Gold Coast, non, il n’y a rien de marquant. Hambourg avec sa natation sous le pont et son passage serré sur les pavés, Auckland avec ses deux montées, ils ont leurs petites places dans mon cerveau. 

Le descriptif avant l’analyse?

Le triathlon a aussi un problème de littérature. Je lisais un éditeur se plaignant du manque d’intention médiatique face à la performance d’un membre de l’équipe de France. Dans ces propos, devrions interpréter que le triathlon doit être populaire si la France est compétitive. Mais pourquoi notre intérêt pour le sport triple devrait uniquement se porter sur nos athlètes nationaux.

C’est peut-être la le plus gros problème actuel du triathlon. L’intérêt médiatique reste local. Les Américains parlent des Américains, les Australiens des Australiens, etc.

Contrairement à des sports comme le cyclisme, l’amateur n’est pas invité à s’intéresser réellement aux athlètes étrangers. Gomez et les Brownlees sont probablement les initiateurs d’un changement et encore.

Le discours est simpliste et la culture d’excellence est absente. Il y a présentement peu de volonté à élever le discours. Est-ce que tu arrêtes de regarder le masters ou Paris-Roubaix lorsqu’il n’y a plus de français en contention pour la victoire? 

Si ce le sport veut vraiment évoluer, il doit probablement se munir de repères une fois pour toute.

 

 

3 commentaires
  1. Et tu peux citer la FIS et le ski de fond avec les parcours de Falun et d’Holmenkolen. J’ai vraiment plus de plaisir à suivre la saison de ski de fond (extrêmement excitante sur les courses sprint avec le format eliminatif) que celle de triathlon ou je peux me contenter de regarder le résultat final et avoir 80% de l’action.

    Fred

    1. Dans le ski de fond il y a aussi la dernière étape du Tour de ski qui se déroule à l’Alpe Cermis depuis la création du Tour en 2007!

  2. Le problème du triathlon – que se soit sur les courses Ironman ou ITU – c’est que l’on se préoccupe essentiellement des Age Group. C’est du business et uniquement ça. On est là pour faire du fric avec des triathlètes « je me la pète », pas pour faire la promotion de ce sport.