On refait la course (et l’avenir) avec Antony Costes – 6e à Ironman 70.3 Bahreïn.

Antony Costes est le spécialiste francais des championnats continentaux en Ironman 70.3. Manquant de peu la qualification pour Kona en 2016, le jeune français est déjà au travail pour 2017. On s’est entretenu afin de refaire sa course et de parler de son avenir. 


Pourquoi venir à Bahreïn 70.3? Le classement KPR en tête ?

Oui le 70.3 étant un P1500 cela faisait de bons points à prendre pour le KPR. J’avais aussi envie de venir me confronter à une partie des meilleurs mondiaux sur la distance, de prendre une petite revanche sur les Championnats du monde 70.3 et de gravir quelques échelons dans la hiérarchie mondiale !

Peux-tu nous parler brièvement de cette destination ?

J’y étais déjà allé l’année dernière et avais été ravi par l’expérience, bien loin de l’image que l’on peut avoir du Moyen-Orient en ce moment par la plupart des médias. Le support du Bahreïn pour le triathlon et pour le sport en général participe à leur ouverture vers le reste du monde. Cela me paraît aussi très favorable aux droits et à l’image des femmes dans ces régions. Si notre sport peut avoir ces vertus, je ne peux qu’approuver en venant participer. D’autant plus que ce pays a bien d’autres attraits, notamment culinaires ! Au niveau sportif j’avais regretté l’absence de natation là-bas l’an passé et revenait en espérant y faire mieux que ma 6e place de l’édition précédente…

La course : tu sors dans le pack de tête après la natation, comment se passe le début du vélo ?

Après une sortie dans le groupe de 7 en tête à la sortie de l’eau, j’ai commis une erreur inacceptable lors de la première transition en perdant 17″ sur Terenzo Bozzone sorti une petite seconde devant moi. Le « pire » dans tout cela est que je ne me serais pas rendu compte de cette erreur sans voir les chronos a posteriori. En y réfléchissant à la lumière des pointages, je me suis rendu compte que j’ai couru trop doucement sur les 500m de cette T1 en restant derrière l’athlète qui me précédait à ce moment-là, car je n’ai bloqué sur aucun autre détail avant de monter sur le vélo. Je me suis donc retrouvé seul à chasser le groupe de 6 en tête pendant les 20 premières minutes de vélo.

Quand tu vois Terenzo Bozzone puis Sam Appleton partir, tu te dis ?

Vu mon début de vélo, j’ai complètement manqué l’action et n’étais d’ailleurs même pas sûr que Terenzo Bozzone soit en tête. Je n’en ai été certain que lorsque j’ai posé la question à Michael Raelert en prenant la tête du groupe. Sam Appleton et Steffen Justus ont quant à eux misé sur une autre stratégie en attendant leur heure sans se montrer, pour ensuite fournir leur effort lors des 15 derniers km de vélo.

Connaissant tes habitudes, est-ce que tu souhaitais te réserver pour la suite…

Non, mais ma forme du jour a fait que je n’ai pas pu peser sur la course autant que je le voulais. Je n’ai du coup jamais produit d’effort suffisant pour éliminer mes adversaires directs.

1:56:48 pour Bozzone, ça reste épatant sachant qu’il a fait un Ironman (record à Busselton) a l’autre bout de la planète six jours avant… Vous deviez avoir un certain doute quand même sur sa capacité à pouvoir l’emporter…

Je préfère ne sous-estimer aucun adversaire et sais par expérience que l’on récupère beaucoup plus facilement d’une course réussie, d’autant plus dans la spirale positive dans laquelle est lancé Terenzo Bozzone depuis quelques courses.

Qu’est-ce que tu te dis en posant le vélo? J’imagine que tu es conscient que tout reste jouable !

J’étais bien dans le dur depuis le début de la journée, mais encore positif, car oui, tout restait jouable. Je suis sorti de T2 entre 5 et 10″ après Michael Raelert et l’ai rattrapé en 1500m puis décroché pendant les 5 premiers km. J’étais donc 4e à ce moment-là, avec un podium à porter pour lequel je me suis battu !

Mais ça bloque…

Clairement. Le rebond positif que j’espérais en fin de course a plutôt été négatif. J’ai couru les 10 derniers km autour de 15km/h et cela ne pardonne pas : j’ai été doublé par Romain Guillaume, David Plese puis Matt Trautman (finalement disqualifié pour avoir coupé le circuit vélo).

Cette sixième place, c’est pour toi…

Une déception sur le résultat brut, que je relativise en me disant que mes mauvaises journées sont de moins en moins mauvaises. 625 points au KPR qui sont toujours bons à prendre et quelques pas de plus dans mon apprentissage…

Mais tu viens à nouveau confirmer que tu peux suivre les meilleurs sur la scène internationale…

Ma série en cours sur Ironman 70.3 P1500 est maintenant 4ème/6ème/2ème/5ème/6ème. Maintenant, il va falloir se remettre au travail pour mieux faire et je ne manque pas de pistes de progression !

Tu dois savoir que certains trouvent que tu as beaucoup couru cette saison. J’imagine que toi tu vois cela autrement…

Avec 6 distances Ironman, 6 distances 70.3, 1 distance Olympique « long » (Laguna Phuket Triathlon) et trois sprints, difficile de dire le contraire. C’est à pondérer par le fait que toutes les courses n’étaient pas des objectifs et qu’elles étaient étalées sur 12 mois. Je suis un compétiteur et j’adore courir, mais je suis d’accord pour dire que cela fait beaucoup dans le sens où cela a eu un impact sur mon entraînement vu le nombre de cycles consacrés au tapering et à la récupération. D’un autre côté, cela m’a permis d’acquérir de l’expérience en accéléré.

Et la suite?

D’abord une période constituée de deux semaines d’entraînement plus léger pendant lesquelles une partie de ma famille sera avec moi en Thaïlande. Je reprendrais ensuite mon travail de développement avec une dominante sur la course à pied ponctuée du semi-marathon de Paris le 5 Mars en épreuve test de préparation. Mon premier objectif de la saison sera l’Ironman du Texas le 22 avril que je vais donc prendre le temps de préparer pendant quatre mois et demi. Je profiterai du voyage pour effectuer une petite tournée américaine en allant courir le Championnat nord-américain de 70.3 à St George (Utah). La suite de mon calendrier reste à planifier.

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