Feedback conférence Blaise Dubois

Retour d’info sur la conférence (3 jours) du canadien Blaise Dubois dénommée « Prévention des blessures en course à pied ». Blaise est un conférencier international, consultant pour plusieurs organismes de course et kinésithérapeute de l’équipe nationale d’athlétisme depuis plusieurs années. Il coach également des triathlètes canadiens, féminines je pense. Blaise étant d’origine Suisse, ça lui permet de rendre son accent canadien compréhensible pour des européens 😉 On a appris quelques belles expressions comme « Bon matin ».

Attention l’objectif principal de Blaise n’est pas de vous donner une recette tout faite de la biomécanique idéale de course ou le choix idéal de chaussures, mais de remettre en questions certaines évidences afin de réveiller notre sens critique.

Blaise est un très bon orateur, plein d’humour. Sa conférence est bien équilibrée entre théorie et pratique (comptage des foulées, course sur tapis roulant avec chaussures et pied nus, critique du patron de course,…). Cette conférence a comme cible première le milieu médical (physiothérapeute, médecin du sport, podologue,…). Pas du tout mon domaine mais au final, cela s’est avéré extrêmement bénéfique pour moi. Mises à part les informations distillées par Blaise et que je détaille plus bas,  j’ai pu prendre conscience de l’importance du conseil du milieu médical pour un coureur dans le choix d’une chaussure. Bref si vous avez la possibilité de suivre cette conférence peu importe sa formule (3 jours, 1 jours ou une soirée), foncez et remettez le bonjour à Blaise de ma part.

En plus à votre place, je serais honteux de lire cet article écrit par un européen alors que le conférencier est québécois. Comme dit l’adage « Ce sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés ». Qui par ailleurs est le thème principal de la conférence…

Le plus important à retenir et que Blaise martèle à maintes reprises sous forme de slogan: « faire du jogging régulièrement diminue de 63% les chances de décès ». Donc longue vie aux Trimeux.

Voici la liste des points principaux que j’ai notés :

– Les blessures en course à pied surviennent dans 80% des cas à la suite d’une augmentation trop rapide du volume et/ou de l’intensité des séances d’entraînement. Donc, si vous vous blessez, avant de vous demander si vous devriez changer de chaussures, pensez à vous trouver un entraineur (=modérateur) 😉

– Aucune étude scientifique ne prouve que les technologies (coussinage) rajoutées sur les chaussures depuis plus de 30 ans préviennent réellement les blessures. Blaise avance « Sommes-nous plus intelligents que notre propre évolution pour vouloir imposer au pied les caprices d’une technologie sans fondement solide? »

– Plus le pied s’éloigne du sol (épaisseur semelle) et plus l’être humain perd ses réflexes naturels d’absorption.

– La coussinage des chaussures a modifié la biomécanique de course des coureurs modernes en effet il ressort que 80% des coureurs de longues distances sont des “rearfoot strikers”. Dans ce cas, l’impact au sol se fait devant le centre de gravité causant une décélération et une augmentation du choc (courbe plus pentue avec moment d’arrêt). Observez vos enfants courir, vous constaterez qu’il court sur l’avant du pied.

– La chaussure moderne ralentit de façon importante la cadence du pas de course. On a pu observer sur le tapis roulant que le fait de retirer ses chaussures augmentait naturellement la cadence de pas et que le bruit d’impact diminuait fortement.

– Enlevez vos chaussures et vous constaterez que le fait de courir pieds nus va naturellement vous faire déposer l’avant du pied au sol en premier. Blaise s’amuse à faire des tests de saut et course sur place pour constatez que jamais on ne va se réceptionner sur les talons. « Chassez le naturel, il revient au galop ».

– Les grandes marques de chaussures ont des départements marketing très compétents munis de gros budget.

– La cadence idéale (et naturelle) de pas de course s’approche de 180 par minute (courir en plus petite foulée).

– Essayez de courir plus sur l’avant sous le centre de gravité cela permet de mieux profiter du rebond naturel du pied et des mollets. De plus cela renforce les muscles du pied et diminue la phase statique de transition.

– Achetez des chaussures minimalistes (= chaussures de compétiteurs, racers, flats…) afin de se rapprocher le plus possible du sol. La chaussure doit être légère, souple, sans différence de hauteur entre talon et avant pied et surtout avoir un ajustement (il parle de fitting) parfait à votre pied.

– Intégrez un peu de course pied nu afin de mieux sentir quelle devrait être votre course naturelle. Personnellement Blaise ne s’est jamais habitué à courir exclusivement pieds nus. Il préfère courir en chaussures minimalistes ce qui permet de courir sur toutes les surfaces et par tout les temps sans se blesser. Minimaliste oui mais pas à l’extrême.

– Au plus le coureur est en surpoids, au plus il doit se diriger vers les chaussures minimalistes afin de réveiller ses mécanismes neurophysiologiques endormis comme les réflexes naturelles d’absorption.

– Concernant la souplesse : s’assouplir avant entrainement peut augmenter le risque de blessure (claquage). A éviter.

– La surhydratation (le fait de boire de trop) est une des complications graves dans les sports d’endurance (hyponatrémie).

– La podologie est un art et pas une science. Blaise indique que l’usage des orthèses plantaires ne doit se faire que pour des pathologies bien particulières et uniquement sur du court terme. Dommages qu’il n’y avait pas de podologue dans l’assemblée…

– La course à pied augmente l’arthrose du genou : faux => les coureurs n’ont pas plus d’arthrose que les non-coureurs. Continuez à courir, cela vous fera de bons vieux os et articulations.

– Limité au maximum la prise d’anti-inflammatoire.

– Blaise favorise de courir sur des surfaces type Cross-country et conseille de limiter au maximum la course sur tapis roulant à cause de l’effet répété de la mécanique de course.

– Mettez vos enfants aux chaussures minimalistes (ou mieux pieds nus) et n’enrichissez jamais les marques de chaussures en leur achetant des chaussures « technologiques ».

Et surtout n’oubliez pas que tout changement (volume, intensité, chaussures,…) se doit d’être progressif. Pour complément d’info, rendez visite à  http://www.lacliniqueducoureur.com

En conclusion Blaise Dubois = homme de Cro-Magnon moderne

Si vous voulez que je détaille plus en profondeur un des points mentionnés plus haut, faites-le moi savoir.

8 commentaires
  1. Wow! Standing ovation pour ton article. Je vous confirme que Blaise est le king à Québec. Il y a une liste d’attente pour le rencontrer.

  2. Super article, bravo et merci!

    Un seul bémol… La relation blessure, volume, intensité et… Entraîneur! Mais je crois comprendre que c’est du sarcasme…

    J’aime bien la pensée de Matt Fitzgerald à ce sujet!

    héhé

  3. Aussi, merci de mettre en lien les conférences futures, je vais peut-être m’inscrire pour celle de Montréal en avril…

  4. Merci !
    C’est marrant la remarque sur les enfants car j’ai justement observé mon fils Jules (4 ans) lorsqu’il s’amusait à courir il y a qq jours. Et c’est flagrant, il attaque bien avec l’avant du pied 😉