La chronique de Xa’ > Le bonheur est dans le pré

Arrêté sur une aire d’autoroute quelque part entre Le Mans et Tours, je fouille dans mon sac comme un imbécile à la recherche d’un serrage de roue avant que je sais pertinemment avoir oublié quelques heures plus tôt ce matin avant de partir dans la voiture de mon pote Ben sur la course… Vous savez, ce genre de truc tubulaire qu’il n’existe que pour les VTT dits « haut de gamme ». Bref, une tige introuvable un dimanche pluvieux de septembre lorsqu’on se rend sur un cross triathlon au fin fond de la Sarthe… A la Flèche, précisément… Et moi d’ironiser en me disant que décidément, je n’en suis pas une…

Petit budget, petite course… Je suis foutu, juste bon pour regarder les potes sur ce coup là. Pourtant, en arrivant sur place, le speaker me donne sans sourciller le serrage de son VTT… Finalement pas compatible, mais qu’à cela ne tienne, le bonhomme est tenace, il disparaît et… moins de 20 minutes plus tard, je tiens dans ma main le sésame qui va permettre à ma roue de tenir à ma fourche et moi, sur mon vélo pour arpenter les collines environnantes. Par quel miracle ? Lui seul le sait…

Petit budget, petite course… Un mois après Embrun, avec 1km/30km/8km au programme, ça devrait prendre un peu moins de trois heures environ… une pacotille… Pourtant, après seulement 15 km de VTT, un joli vol plané et quelques bonnes frayeurs, je commence à trouver le temps long et je me demande comment je vais bien pouvoir me sortir de ce bourbier. Il en reste encore autant pour gagner le droit de s’élancer sur un parcours jalonné comme un cross en guise de dessert. Moi qui ai l’habitude de rester sagement au bord pour encourager mes élèves au milieu des rubalises pendant la saison des labours, l’idée de m’y coller pendant 8 km m’enchante de moins en moins au fur et à mesure que je me rapproche de l’échéance…

A ma grande surprise, les trois tours et 150 virages ( j’exagère à peine…)  passeront plutôt vite… De toute façon, tout le monde est plus ou moins mort autour de moi… Ca tombe bien, moi aussi, inutile de se déchirer surtout lorsque l’on passe en montée dans du sable bien mou juste au moment de finir devant mon sauveur, le speaker, qui, pour le coup, face à des coureurs qui en bavent pour culminer à 8km/h, à tout le temps d’assurer le spectacle… Le genre de moment où tu voudrais te faire tout petit en réalité !

Mon périple achevé, je profite enfin d’une bonne douche chaude réparatrice avec quelques congénères venus comme moi faire une cure de thalasso à base de sable et d’argile, pour faire le bilan des éraflures, ecchymoses, bosses et autres bleus qui commencent déjà à faire leur apparition un peu partout sur mon corps… Pourtant, je n’ai jamais été vraiment un gros « casse-cou », au pire juste maladroit…. Mais bon sang, en cross tri, la maladresse, ça fait mal ! Et à ce moment là, j’oublie définitivement que j’étais venu faire une « petite course, pour un petit budget »…

Le repas d’après course avec les potes sera savoureux… Mille et une histoires et péripéties à raconter cette fois ci… Tellement différent d’un « tri classique… » Je ne m’attendais pas à ça… Vraiment…

Petite budget, petite course… Rien n’est plus faux lorsque les organisateurs sont truculents et passionnés et qu’ils savent  transmettre cela à leurs concurrents…

J’ai mal partout le lendemain lorsque je tente de nettoyer du mieux que je peux mon fidèle destrier dont la roue avant a retrouvé son serrage d’origine… C’est le moment le moins « fun » de ce week end surprenant, vivifiant et « désaltérant » !  Mais à mon grand étonnement, c’est avec le sourire aux lèvres que j’accomplis cette dernière corvée en me disant que je vais sans doute l’an prochain signer plus d’une fois pour quelques concours de pirouettes et figures imposés sur des cross tri…

Il est où le bonheur ?

 

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