Olympic Drama > Sélection Allemande – Anne Haug avec 2 domestisques, des hommes par défaut.

Gagnante de la médaille d’or avec Jan Frodeno aux JO de Beijing, un doublé avec les titres mondiaux Junior et U23 en 2014 (Laura Lindemann et Sophia Sallers), ajoutez à cela une longue tradition gagnante en longue distance et on pourrait voir l’Allemagne comme la superpuissance du triathlon.

Malgré tous ces succès, elle doit pourtant faire face à l’adversité. Alors que la DTU (Triathlon Union Allemande) avançait sereinement vers un autre cycle olympique avec des athlètes comme Anne Haug et Steffen Justus, ces deux dernières saisons se sont avérées difficiles. Ces deux athlètes sont dans une course avec eux-mêmes, celle de retrouver leur meilleur niveau. Le spectre du triathlon moderne demandant des athlètes toujours plus complets plane aussi sur eux. Ces quelques secondes perdues dans l’eau font la différence entre résultat marquant et déception. 

Dans le processus, seule Anne Haug satisfera les critères pour se munir d’une sélection automatique. Comme toujours avec les nations fortes du triathlon, l’objectif n’est pas de permettre à tous leurs athlètes sélectionnés d’obtenir la meilleure performance possible, mais bien de mettre tout en oeuvre pour obtenir une médaille olympique. 

Par conséquent, DTU a décidé de sélectionner ses athlètes autour d’Anne Haug. Selon la fédération, Haug est la seule athlète qui pourrait ramener une médaille. Considérant ses victoires en série mondiale en 2012 et en 2013, cela reste légitime.

Ils ont donc fait le choix de lui offrir deux domestiques avec Laura Lindemann (20 ans, double championne du monde Jr) et de Anja Knapp, soit une athlète qui n’a pas percé le top 25 sur 3 séries mondiales en 2016.

Rebecca Robisch, Sophia Sallers et Hanna Philippin se retrouvent donc sur la touche. Comme toujours, lorsque l’on attribue à des athlètes la tâche d’agir comme des domestiques, on vient priver des athlètes plus performants d’un avenir olympique. Derrière une décision, il y a toujours un axe qui permet de justifier ses choix. Maintenant, il faut attendre au 7 Juillet pour que le comité olympique allemand valide cette sélection. 

Dans ce cas, on peut tout de même remettre en question cette direction. Laura Lindemann étant sans conteste le futur du triathlon allemand, sa participation à ces jeux lui permettra de prendre de l’expérience, autant, on doute de sa capacité à se sacrifier pour Anne Haug parce qu’elle n’a probablement les qualités nécessaires à deux roues pour avoir un impact sur la course.   

Comment des nageurs plus forts pourront aider Anne Haug pour revenir de l’arrière après la natation? Cette dernière est d’ailleurs nettement plus forte à vélo que ses domestiques. Est-ce qu’il est véritablement possible de reprendre assez de terrain sur un groupe qui sera assurémenet dirigé par Flora Duffy?

C’est donc un plan qui devra faire ses preuves en aout et qui expose déjà l’équipe technique à un certain scepticisme. Dans ces conditions, est-ce que Laura Lindemann n’est pas déjà leur meilleure chance? Évidemment, on est dans l’Olympic Drama ou presque tout est de l’intox. 

Comme toujours, le manque de résultats ne permettant pas aux autres athlètes d’être considérées comme des prétendantes aux places de finalistes à Rio est à l’origine de tous ces problèmes. 

On retombe dans cette problématique entre culture de l’excellence et la culture de la participation. En ne favorisant pas les athlètes qui ont démontré qu’ils pouvaient gagner les jeux olympiques, on conforte une situation où des athlètes se contentent d’aller aux Jeux olympiques. Ce manque d’exigences ne permet pas d’obtenir le meilleur des athlètes.

Pourtant, la DTU est bien forcée d’aller dans cette direction chez les hommes. Steffen Justus et Gregor Buchholz sont présentés comme des choix par défaut. La fédération s’est tout simplement basée sur le système aux points olympiques pour faire sa sélection. 

Même si l’Allemagne n’écartait pas l’idée de ne pas utiliser tous ses dossards olympiques, elle considère que cette option ne serait pas viable et compromettrait le développement du triathlon en Allemagne. On tient à rappeler que la Hollande et la Nouvelle-Zélande sont les deux nations qui n’utiliseront pas tous les dossards pour les JO. 

La haute performance est un milieu très complexe ou les effets d’une politique peuvent se faire ressentir que plusieurs années plus tard. Malheureusement, on parle de risques où les athlètes sont plus souvent perçues comme les victimes, mais où il faut toujours relativiser en prenant du recul. 

 

 

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